MGMT, oh des huîtres !

MGMT-je-ne-suis-pas-une-fille

La rentrée ouvre doucement les yeux, une dose de café n’est pas de refus malgré tout. Entre le AM post-QOTSA des Arctic Monkeys (c’était pas trop dur à deviner) et le nouveau Arcade Fire post-DFA, on est gratinés. Le café cette fois s’appelle Goldwasser et Van Wyngarden, deux lutins qui proposent la meilleure offre promo 2013 : MGMT. Le disque se nomme pareil, pourquoi faire des détours.

La musique de notre monde, à savoir la pop et toutes ses fringales, tourne rond. Heureusement parfois, les fous reprennent le pouvoir et cassent la dictature du intro-couplet-refrain-couplet-miel-outro. Cool Song N°2, quelle audace ! Mistery Disease quel truc ! De vrais tranches de musique, un disque au grand départ pour une fin soufflante. On s’explique.

Ce troisième opus, faisant donc suite à l’excellentissime Congratulations (oh ! ouh !) et au presque pas mal Oracular Spectacular, est une géniale alternative. Le mot-clé pour sa découverte est le suivant : Introspection – c’est aussi l’un des titres de la galette. L’originalité et les renouvellements sont légions ici, Your Life is a Lie en est un bel exemple avec ses rythmiques détrempés et son clip fini au crack, drôle de message venant de ces deux hurluberlus d’ailleurs. A Good Sadness se pose quant à lui en tristesse spatiale, assez démesurée pour nous déstabiliser, me faire tomber de mes à-priori. Une montée toute douce mais une puissance certaine, telle est la composition de la nouvelle formule MGMT. Eux aussi, comme les Von Pariahs que nous chroniquons ce mois-ci, ont absolument compris que la puissance ou le joug d’une musique ne se situait jamais dans son volume.

Le duo fait même une déclaration à la mort, je me suis toujours méfié des morceaux comprenant la formule “I love you”, allez savoir. Il fait suite à Astro-Mancy, qui lui a un super libellé, forcément ça joue. Ce dernier d’ailleurs se montre plus faiblard, en demi-molle tropicale (quoi de plus ennuyeux et délavé que le tropical). Un je t’aime à la faucheuse donc, un pied de nez au Septième Sceau ? Aucun moyen de savoir s’ils le connaissent même. Entrée en fanfare, aussi silencieuse que soutenue, pour laisser découler une recette post-Congratulations : efficace, subtile un peu, longuette mais jolie. La fin de l’album est moins fabuleuse, ou moins intéressante, naviguant entre plusieurs eaux, attaquant plusieurs genres sans forcément faire mouche. Le cul entre deux chaises donc, même si An Orphan of Fortune a des qualités évidentes. Le cul entre deux belles chaises, une perle dans une huître, MGMT jusqu’à la prochaine fois.