Route du Rock Jour 3 : sous les K-ways, la plage.

Cette année, peu de festivals nous avait autant alléchés que la Route du Rock. On y a retrouvé les pépites de l’année et des groupes cultes qu’il nous tardait de voir en live : JNSPUF! se devait d’être au rendez-vous. On vous raconte, jour par jour. Par souci de professionnalisme nous avons d’ailleurs décidé de chroniquer tous les concerts, y compris ceux qu’on a loupé (pour un tas de bonnes raisons).

Route du Rock Jour 3

La Plage

Peu inquiétés par l’annonce d’ondées probables en journée (une faible inquiétude liée entre autres à notre absence de définition exacte du mot “ondée”), la décision fut prise de s’installer sur la plage Bon Secours et ouvrir la journée avec un DJ set fort sympathique du label Desire. Un bel après-midi partagé entre classiques (Boards of Canada, Velvet Underground), ambient, house tropicale, afropop et folk dépouillé. Trésors a enchaîné avec une electro sombre qu’on devine inspirée du passé noise et rock du duo.

Widowspeak

Malgré notre infaillible motivation et tous nos efforts déployés, force est de constater que le sort s’acharne sur nous et Widowspeak. On a pas idée de programmer un groupe en fin de matinée aussi ! Et puis, est-ce franchement un endroit pour faire jouer un groupe cette scène des Remparts ? Qu’est-ce qu’ils vont dire Widowspeak quand ils rentreront à Brooklyn ? Qu’ils ont été éblouis par les néons du stand tartiflette situés à côté de la scène ? Au moins la scène de la Tour des années précédentes faisait peut être 7m2, mais c’était convivial, on aurait perché Molly Hamilton sur des amplis, à la bonne franquette, elle aurait pu distiller en paix sa pop éthérée. Et après c’est nous qui ne faisons pas d’efforts. Bref.

Junip

On est quand même allé voir Junip parce qu’on est pas rancunier. Bien nous en a pris, la pop folk mélancolique des Suédois a soigné notre vague à l’âme. Pas vraiment de surprise et une suite très lisse, leur folk est agréable mais reste quand même un peu sage.

Concrete Knives

Moins polis et plus souriants, les Caennais de Concrete Knives prenaient la relève. Ils ont fait remuer les festivaliers à grand coup de pop inventive, rythmes tribaux, chants scandés et onomatopées très Kills. Leurs mélodies sont immédiates et évidentes (preuve : Zachary, 9 ans s’en sort honorablement en remplaçant la chanteuse). Mais ne nous y trompons pas, les Concrete Knives sont des bosseurs, comme le montre leurs progrès indéniables depuis qu’on les avait croisé aux Transmusicales. Leur set gagne encore en énergie et en efficacité en délaissant le côté mignon et sautillant des débuts. Un concert qui fait du bien.

Parquet Courts

De loin et pas toujours en bien, les Parquet Courts oscillent entre le très bon et le très mauvais, on ne sait qu’en penser. Peut-être que le groupe renvoie à des choses qu’on apprécie, comme le garage punk ricain, mais peut-être qu’on ne les aime que pour ça. Leur son sur scène est lourd mais rappelle trop les groupes fm de l’oncle Sam, Blink en tête. Et ça, ce n’est pas forcément un compliment. Une déception à charge de revanche, le temps de transformer le parquet en marbre.

Tame Impala

Nos avis divergent mais on s’accorde à dire que les Australiens restent assez stoïques sur scène. Seul le leader Kevin Parker s’accorde quelques gestes de guitar hero, mais le psychédélisme du groupe ne rend pas honneur aux versions studio : trop propre, avec un peu moins de folie. Mais les chansons sont parfois tellement abouties que le simple fait de les voir renaître sous nos yeux suffit à contenter même les plus réfractaires (Elephant, ce tube incroyable). Le son Tame Impala se suffit donc parfois à lui-même, malgré un petit manque de présence scénique.

Suuns

Bien que dans l’expectative du concert suivant, et gênés dans notre progression par l’emplacement inopportun de cette scène des Remparts (voir plus haut), le concert de Suuns fut un bon moment, très utile pour mieux appréhender les méandres et noirceurs du dernier opus des Canadiens, Images du Futur. Le genre d’ambiance post-apocalyptique qu’il est parfois difficile d’apprivoiser, mais qui finit par hypnotiser, même après trois jours de festival et une pelletée de bons concerts.

Hot Chip

Nous sommes emballés, totalement et entièrement ou presque. Les patates sont imparables, et c’est bien là toute l’essence de la pop que notre équipe défend : des refrains, des gimmicks, des chansons ! Brothers n’est pas exécutée et ça nous laisse un peu tristes, Motion Sickness non plus. Le live est un point d’orgue de cette dernière soirée, comme un cadeau d’avoir attendu autant d’heure dans la poussière. Même si la formule, il est vrai, restera sans doute toujours la même, c’est une bonne formule. La bande à Goddard, cette joyeuse fratrie.

Disclosure

De tout et surtout un peu n’importe quoi dans ce DJ set du duo acclamé comme les nouveaux maîtres de la house. Surs de leur formule, les Anglais enchaînent les titres dansants. C’est club, efficace, mais un peu putassier quand même. Un final en demie-teinte qui n’enlèvera pas le souvenir ému que nous garderons du concert précédent.