Screamers Records : perles éludées ?

Screamers est petit mais comme son nom le présage il sait se faire entendre. Auteurs d’au moins deux signatures magnifiquement marquantes, le label aux cris (bien illustré par la référence de son visuel) est instantanément devenu une référence pour nos oreilles meurtries par la médiocrité normative. À une époque où “Fauve est un cri” et où plus personne ne se souvient d’Edvard Munch, il devenait urgent de déterrer des labels frais et inconnus pour nous. Screamers Records, par exemple.

La première formation est un véritable coup de coeur, Dikes of Holland qu’ils s’appellent. N’espérez pas ici retrouver la fausse beauté scandinave blonde que certains adorent à se projeter. Non, nous avons affaire à un besoin d’immédiat ici, pointillé d’américanisme moqueur et un poil burlesque, rapide. Je manque de références pour le décrire, puisqu’il est devenu admis que pour dévoiler un groupe il fallait le comparer, vivre par contraste. Ces joyeux lurons jouent fort mais rappellent à la fois tout et rien, sûrement la preuve qu’on peut encore innover avec des éléments connus : de la guitare, de la batterie, du vite, du vite, du vite. Braindead USA, c’est le doux nom qui dégouline de ce disque, avec sa belle pochette à la Desperate Housewives du névrosé. J’aime que tout soit cohérent ici, d’autres appelleraient ça sans hésiter un manque de variété, une difficulté à se renouveler. JNSPUF! n’y croit pas et entrevoit ici de beaux jours.

Complications. Les autres sont Complications, c’est drôle comme nom, bien que le nom n’y fasse rien. Sortis de l’ombre grâce à une simple publication d’un artiste qu’on chérit, ils galopent au fil d’un album totalement déluré et violent. Le ton est donné, installé, imposé même dès l’ouverture, Go Fuck Yourself entre explicitement en tête des charts. Quelques jeux de delays bienvenus, une batterie rond et les guitares de cowboy, ça commence très fort. Vous aurez rapidement compris que l’on trouve peu à redire sur ces sorties Screamers Records. Ils sont plein de bon sens, ne singent rien mais parfois s’inspirent car il est bon d’avoir des bases, c’est pas interdit. Les arpèges édulcorés et distordus d’un Never Cry mériteraient à résonner plus loin. Que ce soit vous ou les Dikes of Holland, passez par chez nous en concert et l’on viendra à votre rencontre.