Challumettes.

Je vous aurais bien fait croire que j’ai d’abord et avant tout été séduit par les We Are Match pour la beauté de leur arrangements, leurs chœurs aériens et incandescents, leur promesse d’une nouvelle pop française, honnête et référencée, mais la vérité est tout autre. Si j’en suis aujourd’hui à écrire cet article, c’est à cause de la photo des cinq parisiens travestis en chats un peu gangsta de goutière. Cette même photo qui vous aura sans doute appâté sur la page d’accueil. Inutile de nier, je commence à vous connaître.

Visuel EPPassons donc sur notre appétence commune pour les LOL cats et autres travers peu recommandables pour se consacrer à la musique de ce nouveau groupe parisien, qui, s’il convoque des références pas spécialement nouvelles (Foals, fournisseur officiel de guitares cleans pour la scène française depuis 2008), est quand même franchement addictif.

Les références, vrai gros morceau pour ce premier EP Relizane, qui rappelle dans le désordre et à divers degré, la légèreté de Phoenix, le bric-à-brac pointilliste d’Alt-J, les beats électroniques de Breton et les choeurs très musicologues de Quadricolor. Mais sous cette avalanche de références multiples que suscite l’écoute de leur musique, l’espoir perce malgré tout : les Parisiens savent s’extirper de  ces références bien trop grosses pour eux pour tracer un chemin prometteur, très prometteur. Ils savent explorer beaucoup de pistes intéressantes et garder la concision mélodique que l’on peut attendre d’un groupe comme celui-là.

La légèreté insouciante d’Animals (ces “woohoo” qui nous feraient presque croire qu’il n’y a jamais eu de crise économique), le beat sombre et la voix principale franchement nasillarde de l’addictif Violet, le groove plus enlevé et hip-pop de Dying Kings, autant de facettes intéressantes qui laissent présager un premier album varié mais cohérent, habité mais dansant, épique mais pas trop.

Il y a à l’évidence encore un peu de boulot pour élaguer cette forêt de références et d’idées, mais on a envie d’y croire.