How To Disappear (almost) Completely.

Un rock évanescent, contemplatif et brumeux, ça vous parle pour le début d’automne ? Nous oui. Les brestois d’I Come From Pop livrent ce mois-ci leur premier album, qui représente tout ce qu’il y a de mieux foutu en matière de pop nostalgique hors-format.

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Si leur premier EP Wicker Chair and Falling Rain (chroniqué juste ici) était sympathique, minimal et lyrique à la fois, ce nouvel album inverse la tendance en proposant des morceaux somptueux et travaillés s’attachant pourtant à limiter la folie des grandeurs. Gageant qu’une bonne ambiance vaut mieux qu’une démonstration de force, la subtilité règne sur cet album. Une subtilité renforcée par le superbe travail de production de Domotic (membre notamment des très bons Egyptology) qui détaille chaque rythme de batterie, chaque voix et chaque instrument, sans négliger de rendre chaque élément comme faisant partie d’une grande fresque psychédélique (Underwater Game, décollage garanti vers les hautes sphères de l’ambient électronique, avec final bruitiste façon Sonic Youth).

D’un bout à l’autre de l’album, on se laisse charmer par la pop protéiforme du trio brestois qui ne fait décidément rien comme les autres. Depuis l’introduction très aérienne d’Allow You an Easement (guitares flottantes et strumming délicat au programme) jusqu’à la superbe All Speakers, les pieds touchent rarement le sol. Bellybutton, seul titre rescapé du premier EP, rappelle les débuts du groupe emprunts de nostalgie. Sur Curse, on se surprend à déceler l’influence d’Animal Collective, le morceau rappelant presque l’excellent Water Curses des fous furieux new-yorkais, avec ambiance aquatique, voix surréelle et arpèges de piano psychédéliques.

Cet album fera date pour la facilité désarmante avec laquelle le trio sait composer des mélodies entêtantes et enfantines, un peu creepy sur les bords (on penserait presque à Joanna Newsom pour les voix couvertes), en ne négligeant pas un enrobage psychédélique et expérimental. Et si la folktronica et le rock expérimental ne s’était jamais vraiment trouvés, ils viennent de le faire sur ce premier album d’I Come From Pop, qui ne vient définitivement pas d’une pop trop facile. A ranger à côté des multi-facettes Petit Fantôme, Botibol et autres trouvailles françaises encore injustement méconnues.

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