Tellement frais

La semaine dernière Delorean se faisait enlever au Mexique pendant leur tournée, on s’est senti coupable de ne pas avoir parlé de leur excellent nouvel album Apar. Après 36 heures de drame digne d’une série TV, les espagnols ont finalement été libérés (voir ici pour en savoir un peu plus) et cette critique ne sera pas posthume! Donc, après Subiza, un album indie/dance très efficace Delorean revient avec Apar, ça veut dire “mousse” en Basque et c’est plutôt bien choisi.

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Plus vaporeux, mariant une énergie pop à une production feutrée, Apar est drôlement frais – ou mousseux au choix, qu’on appelle ça balearic music, chillwave décomplexée ou dance-pop mid-tempo… Delorean s’est un peu calmé en s’éloignant définitivement du son  jouissif quoique hystérique des cousins ibérico-allumés de Crystal Fighters pour se tourner vers une ambiance peut-être plus psychédélique, empreinte d’un détachement un peu mélancolique. Toujours festifs mais jamais épuisants – s’excusant presque de leurs mélodies imparables, Delorean fait danser sans en faire trop. D’ailleurs le featuring avec Caroline Polachek – chanteuse de Chairlift, est la marque de ce léger changement de style vraiment intéressant. Le groupe est désormais à mi-chemin entre la pop-lassive des américains et le génie pop plus sautillant de leurs débuts – pas vraiment plus matures, mais sans doute attachés à ne pas tomber dans la facilité et à surfer sur la vague de Subiza. Pas de cataclysme pour autant, le changement n’est pas radical, mais la voix du chanteur Ekhi notamment n’est pas mise en avant de la même manière. Souvent il parle plus qu’il ne chante, entouré de choeurs éthérés. Les tubes sont pourtant toujours au rendez-vous avec Dominion et le trio en fin d’album Walk High, Your Face et Inspire. Si Delorean donne sur Apar l’impression de se retenir, mais au lieu d’engendrer de la frustration à l’écoute, leur son en ressort d’autant plus intéressant, humble et accompli.