Tristesse Contemporaine : gagné aux 3/4

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Depuis quelques douzaines d’heures, le nouveau Tristesse Contemporaine, subtilement intitulé Stay Golden, a pris la toile d’assaut. Impossible de savoir à quoi s’attendre à la 1ère rasade : ceux qui, comme nous, les ont rencontrés savent de quoi nous parlons. Le groupe est un trio impossible à cerner, un anglosaxon, une asiatique et un suédois, et évidemment ils sont basés à… Paris. Évidemment en interview ils… parlent de Seinfield et ne répondent pas vraiment à tes questions (mais t’invitent à l’apéro).

Je me suis trouvé devant ce clic qui séparait Stay Golden et mon système auditif bien endommagé depuis Griefjoy (ici même, le méchant flic qui s’était défilé comme un 14 juillet, c’est moi) et Tame Impala à la Route du Rock. Mais lorsque l’on remarque un artwork aussi décharné sur un album, impossible de passer à côté : je m’abandonne au mondialisme de ce groupe que j’ai, au fond, finalement, toujours bien aimé.

Immédiatement (ce qui est rare) je suis pris dans la machine : l’intro est une bombe, Fire. C’est pop, c’est un courant d’air dans une pièce orageuse qui sait éviter les gouttes, coloré à souhaits, le titre est une mise-en-bouche de premier choix. Le premier disque était déjà suffisamment joli pour qu’on s’y intéresse, mais peu marquant : un mois, puis l’oubli – un schéma bien trop accepté actuellement. Ce qui est beau et limpide dans ce disque est la sincérité qui en dégouline : sobre, le trio fait simplement sa musique, faisant fi des normes et des modes, nous les soupçonnons même de ne jamais rien écouter. Seule la création est là. Pourtant, et là est tout le paradoxe, on tangue du taulier Tricky (I do what I want) qui fume des cônes pas bien loin à la pop Metronomy (non pas qu’on soit foncièrement contre mais, c’est déjà-vu). Les dingos osant parfois l’aller simple aux fins fonds de la synth-machin, minimal ou wave j’ai jamais trop saisi, une fresque toute en réussite. Un pic, une montée, une montagne est atteinte les doigts dans le nez sur Pretend, que je place directement dans mon top des 20 dernières années. Ce que j’aime est regroupé ici : humilité, simplicité, direction le but et pas à côté.

Tristesse Contemporaine ne convainc pas le monde entier mais prouve une chose : après un 1er album très respectable, ils bastonnent sur un second totalement chupa chups. Ils ne sont pas restés golden : ils le sont devenus. C’est une performance de minimalisme auquel on assiste, ébahis et sans doute un peu comme des cons. On a pris des Tagada et on en a fait du caviar pour tous, ce sera un grand merci Tristesse Contemporaine s’il vous plaît, Palme d’Or du groupe intelligent de 2013.