Connan Mockasin : Caramel au beurre salé

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Le blondinet platine nous avait filé entre les pattes, jamais réellement écouté, coincé entre un Lars Von Trier et Dave. Peut-être un peu snobé, aujourd’hui on sait qu’on a eu tort, tant son nouveau disque est une douceur inratable. Un essai qui tombe à pic, entre ses histoire de label d’Erol Alkan (très moyenne cette affaire), des lives controversés de Tame Impala, un Caramel puisqu’il est ainsi nommé d’une force majestueuse.

2013 est une année relativement clivante, car tous les albums qu’on y croise ont fait des émules et parfois même des fâchés. Tame Impala par exemple, puisque leur musique n’est au final pas si éloignée de notre hurluberlu : des lives en demi-teinte, pour lesquels la critique semble gratuite, pourtant nous aurions adoré aimer ces concerts. Connan Mockasin lui, évoque, révoque, installe et invite, quatre termes pour définir un monde singulier et chaud. Très accueillant, loin de la Rickenbacker bancale d’un Impala qu’on aurait voulu aimer, définitivement amoindrie par les plages instrumentales du néo-zélandais décidément très inspiré.

Improbable est la critique, parler singulièrement des titres semblerait être une insulte au travail herculéen du Mockasin. Une ambiance se propage, un voyage sous psychotropes mais sans les mauvais côtés, sans le bad trip final, ça fait pas mal aux poumons cette histoire. Do I Make You Feel Shy? s’esclaffe, une question sobre, posée par le garçon timide qui sommeille en chacun de nous. Celui que tout le monde croit pédant, et qui flippe dans son coin, mis en partition par un grand enfant guitariste. Un emporte-pièce qui sourit, pleure, taquine, et vit très fort. L’album est une sublime pièce de théâtre, une pièce où l’acteur a bien grandi et n’a plus peur de sa faible voix et de sa Stratocaster découpée en teardrop.

C’est ainsi que notre ami apaise avec des tubes incroyables, tant qu’il va finir pour nous obliger à en écrire la chronique en superlatifs. Un disque qui se déguste comme un bonbon, les La Pie Qui Chante qui avaient un peu de lait en leur sein, c’est un peu ça Caramel : l’enfance, les bonbons qu’on a volé sans scrupule, l’apaisement qu’on a en voyant que nous n’étions pas les seuls. Un véritable havre de paix, fichtre il raflerait presque la perfection si le recul n’existait pas. Oh, au diable le recul !