Electrorchestrale

À dire vrai, je n’ai pas écouté les deux premiers albums de Son Lux. Mais le troisième opus de Ryan Lott me donne envie de rattraper le temps perdu et ne m’attaquer aux deux précédents. Seulement neufs chansons mais un raz-de-marée orchestral et synthétique, avec les participations de The Antlers, Bon Iver ou encore Dirty Projectors, rien que ça.

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Tour à tour luxuriant ou grave, Lanterns est une oeuvre hybride à la croisée de la pop orchestrale et de la musique électronique. Cuivres grondants et violons virevoltants côtoient donc beats synthétiques et profonds. Ce mariage en rappelle d’autres, on pense aux expérimentations réussies de Beirut, à l’électro chatoyante de Caribou ou au violon extatique d’Owen Palett. On se perd également dans des chorales et des mélodies à la magie hivernale, délicate, légère ou mélancolique, souvent proche de Sufjan Stevens – avec lequel Ryan Lott a d’ailleurs travaillé sur le projet S / S / S. Les structures remarquablement complexes en triptyque ou diptyque (Enough of our Machines, Lanterns it) sont d’une beauté troublante. Ryan Lott mêle dissonance, harmonie et expérimentations (Easy, Pyre) mais Lanterns brille tout autant quand le tempo s’élève et les mélodies se simplifient (Lost it to Trying, No Crimes, Plan the Escape). Classique et moderne à la fois, Lanterns est un album riche, élaboré, sans fausses notes et dont la complexité, l’audace et la finesse mélodique ne sont pas sans rappeler Radiohead.

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