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NO CEREMONY est un groupe assez mystérieux. Pas de chichis, des capitales, une pochette sombre, un album éponyme à trois slash près et un nom qui évoque les grandes heures de Manchester. Les anglais se sont concentrés sur la composition de leur premier effort et ont appris à produire la bête sans grande communication – toujours une bonne stratégie pour faire monter la hype. Une fille, deux garçons et un batteur qui les rejoint sur scène pour donner vie à un album synthétique et intriguant que certains trouveront triste, d’autres jouissifs.

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Des voix brouillées au vocoder, des notes de piano qui soutiennent des basses parfois puissantes, la recette rappelle tour à tour Burial ou James Blake. Mais les trois jeunes gens sont également profondément imprégnés de la culture de leur sombre cité, on retrouve ainsi dans cet album un détachement dance et hanté. Pourtant, très souvent, on ne sait plus vraiment où se situe la limite entre tristesse absolue et déflagration brulante, entre balades innocentes et mélancolie. NO CEREMONY se lance autant dans des envolées lyriques un brin tapageuses mais carrément tubesques (FEELSOLOW, PARTOFME) que dans des complaintes downtempo plus lancinantes, à la limite du RnB, qui évoquent les mélodies atmosphériques d’Active Child ou de Purity Ring (AWAYFROMHERE, HOLDONME). Plus surprenante encore, cette guitare sèche ou ces chorales qui apparaissent  sur quelques balades presque pop (HEAVYHOUR, WARSONGS).  Au-delà de la grande variété des morceaux, une unité certaine se dégage du tout, dans ces voix retravaillées, dans cette utilisation du piano et dans ces ambiances douces-amères. On restera cependant davantage convaincu par les mancuniens quand ils envoient des watts ou quand le tempo ralentit que par leurs excursions pop. Mais le groupe a le mérite de brouiller les pistes et de ne se fermer aucune porte sur ce premier album très intéressant.