Mixtape hivernale : Adrian Veidt

Adrian Veidt vous l’avez peut-être découvert il y a quelques temps aux Transmusicales, on l’avait alors raté et puisqu’il se fait rare nous ne l’avions pas vu depuis. C’est sans compter sur la petite sphère rennaise avec laquelle nous l’avons revu. Il avoue vouloir faire danser les gens sur les morceaux que lui aime, pas forcément les siens. Les siens ne sont pas encore définis, pas vraiment, parfois aidé par Juveniles c’est pas à pas qu’Adrian Veidt fait avancer son monde. Avec un peu de niaque, ce serait un joli revival italo disco qu’on espère revoir, réentendre et redanser. Rencontre, mixtape… JNSPUF et Adrian Veidt, maintenant :

Adrian Veidt, d’où vient ce nom ? À quoi fait-il référence ?

Adrian Veidt est l’identité de Ozymandias, l’un des antagonistes du comic Watchmen. C’est une bande-dessinée américaine scénarisé par le génial Alan Moore qui se déroule dans un monde parallèle où les USA auraient gagné la guerre du Viet-Nam et où le monde serait au bord de la guerre nucléaire. Je ne voudrais pas spoiler aux lecteurs de JNSPUF les clés de l’histoire, je conseillerais donc de lire le comic ou au moins regarder le l’adaptation de Zack Snyder qui est est excellente aussi (en version longue s’il vous plaît).

Tu peux nous parler un peu du mix que tu nous a préparé ?

Je ne suis pas le genre de dj à être à l’affut des dernières nouveautés trendy de la sphère techno ou electro en général. Je n’ai aucun complexe à mixer des morceaux sortis avant ma naissance. Ainsi, en dehors d’un morceau de Daniel Avery & The Deadstock 33’s, j’ai joué des morceaux anciens qui m’inspirent (bien que certains morceaux soient des reedits récents), qui correspondent à une époque de la musique que j’apprécie particulièrement et que l’on a du mal à retrouver dans les productions actuelles. Cependant, je ne pense pas que mon approche soit nostalgique car ce sont des morceaux que j’ai découvert sur le tard en fouinant sur internet ou chez des disquaires indépendants. J’aime explorer mes influences à travers mes mix et faire découvrir la musique qui me touche en espérant que ça puisse plaire aux autres et qu’ils aient envie de farfouiller ce genre disques aussi.

En quoi tu préfères mixer que jouer d’un instrument plus reconnu (guitare, batterie…) ? 

Je suis avant tout un amateur de musique, depuis mon plus jeune âge, j’aime faire partager la musique que j’aime. Avant, c’était mes potes et ma famille qui subissaient mes goûts musicaux, aujourd’hui, ce sont les gens qui viennent danser que je suis en train de mixer, la démarche reste la même pour moi. Être dj, c’est avant tout partager ses coups de coeur aux autres.

J’ai pratiqué la batterie pendant plusieurs années, je jouais même dans un petit groupe de rock avec qui je faisais des reprises de Interpol, mais j’ai du arrêter quand j’ai quitté le foyer familiale, je doutais que mes voisins apprécient que je puisse faire de la batterie à 2h du matin. Je ressens quand même ce manque de jouer la musique, et c’est pour cela que j’essaye aussi de me concentrer sur une activité de producteur. Je n’ai pas encore la prétention de faire des productions qui soient d’assez bonnes qualités pour être signé sur d’éventuels label, mais ça me plait énormément aussi, et je caresse l’espoir de pouvoir proposer des lives en plus de mes dj-set un jour.

D’ailleurs, qui selon toi arrive réellement à proposer des bons mixes ?

Me dernière énorme claque fut les dj écossais de Optimo qui sont capables de jouer 6h d’affilés en proposant des morceaux de dingue qui donnent envie de danser toute la nuit et en gardant une vraie cohérence tout en ratissant très large. Ils font sans doute partie de mes modèles.

Je suis aussi un grand fan de Andrew Weatherall qui a notamment produit l’album Tarot Sport de Fuck Buttons, groupe que j’adore. Il est capable de créer des ambiances à travers ses mixes que je ne retrouve pas ailleurs.

Dans un tout autre style, j’apprécie beaucoup la justesse de Agoria, je l’ai vu 4 fois, c’était à chaque fois quelque chose de complètement différent. Ses mixes sont des sortes de leçons pour moi-même. J’ai eu la chance de faire sa première partie une fois mais quand il a pris les platines, il était impossible de ne pas s’incliner devant lui tant le talent était là.

Tu avais fait les Trans je crois, un bon souvenir ?

Très bon souvenir, c’était la première fois que je jouais dans d’aussi bonnes conditions et dans une salle aussi cool. Même si j’ai été en concurrence avec Madéon qui jouait en même temps que moi, beaucoup de gens sont venus me voir et ont, je l’espère, passé un bon moment. J’étais très fier d’y jouer car c’est un festival que je suis depuis de nombreuses années et dont l’éclectisme me ravit tous les ans. D’ailleurs, je ne connais qu’assez peu de groupes qui jouent cette année, c’est une bonne occasion de découvrir de nouvelles bonnes choses.

Les Trans, c’est un réel tremplin ou c’est finalement assez éphémère ?

Ça peut être un tremplin, à condition d’être réellement professionnel et d’avoir un projet qui est déjà abouti, ce qui n’était pas forcément mon cas. J’avais officiellement débuté mon projet sous l’étiquette Adrian Veidt depuis 6 mois. Je n’ai pas vu les Trans comme un tremplin, mais plutôt comme une opportunité pour moi de jouer dans une salle plus grande que celles dont j’ai l’habitude.

Qu’est-ce que tu vas faire pour la suite ? 

Je bosse sur des morceaux depuis le mois de juin que j’aimerais arriver à finaliser rapidement. À voir dans quelle condition je pourrais les sortir.

Tu souhaites faire “carrière” dans le milieu où tu perçois plutôt ceci comme une activité annexe ?

Évidemment que j’aimerais faire carrière dans le milieu, mais pour l’instant, ça reste une activité annexe, je préfère pour l’instant avoir un boulot et ne pas me mettre de pression.

Qu’est-ce que tu aimes et qui t’inspire, hors musique ? 

Comme mon pseudonyme l’indique, je suis un grand fan de comics, notamment ceux de Alan Moore, mais aussi l’univers DC. Je suis aussi assez cinéphile, je m’arrange pour regarder au moins un film par jour. Mon approche du cinéma est assez « geek », c’est à dire que je regarde principalement de la SF, de l’heroic fantasy ou du cinéma d’action américain (blockbusters autant que séries B).

Question débile pour le final : si t’avais été Breakbot pour le match du PSG, t’aurais passé quel titre pour les emmerder ? 

Je suis un grand fan du PSG, j’aurais donc mis « Numéro 10 » de Booba.