Première expérience

Paralyzed, première chanson du premier EP de John & The Volta, prouve qu’il ne faut jamais se fier aux apparences. Gloubi-boulga un peu indigeste de tout ce qui fonctionne bien depuis deux ans: synth-pop, “Drive-music”, M83, Kavinsky… on pense d’abord que les bordelais flirtent dangereusement avec la facilité, comme avaient pu le faire avant eux les nantais de Pegase par exemple. Heureusement, les trois titres suivant de Empirical prennent un chemin bien différent. On y retrouve des influences, très marquées certes, mais sûrement plus flatteuses.


Front


Lover’s Eyes
alterne très astucieusement couplets indie-rock et refrains plus tourmentés. On pense à The Notwist, à dEUS (un peu) et à Radiohead (beaucoup). Même constat sur Empirical Synth, morceau plus lent où ressort cette autre constante pour le groupe: une basse structurante et omniprésente dont le jeu rappelle celui de Colin Greenwood. Ghost, balade sobre à la guitare sèche qui met en avant cette voix remarquable finit de convaincre. Trois bonnes chansons ça ne fait pas un bon groupe, mais on peut trouver quelques autres extraits, notamment la grondante et excellente I Do Not Know qui aurait amplement sa place sur Empirical, et donnerait une cohérence un peu plus grande encore à cet EP déjà très convaincant.

Il parait évident que John & The Volta aime beaucoup Radiohead, j’irai même jusqu’à deviner qu’ils ont du écouté un bon paquet de fois In Rainbows à la vue de la structure des morceaux, du timbre du chanteur, de leurs guitares… il n’en reste pas moins que dégager une telle identité, une telle maturité après seulement un EP reste vraiment remarquable. Attention à ne pas singer, on attend un album pour 2014 qui viendra confirmer, on l’espère, cet EP très prometteur sorti le mois dernier et couronné d’un titre sur la nouvelle compilation des inrockslabs.