Top 2013 – Les 10 EPs de l’année

Parce que les fins d’année sont toujours synonymes de rétrospective par chez nous, décembre nous donne l’occasion de se replonger dans l’année musicale passée pour se rappeler du meilleur. Et parce qu’on croit au potentiel révélateur du format ‘mini-album’, on commence la rétrospective 2013 par un retour sur les EPs marquants de l’année.

Superpoze – Jaguar EP

Superpoze n’en finit plus de surprendre, alors qu’on l’attendait au tournant en imaginant un EP pop et peut être moins complexe que le déjà très subtil et contre-intuitif The Iceland Sound, son nouvel EP Jaguar brouille encore d’avantage les pistes : harmonies de facture quasiment classiques, beats intriqués et alambiqués jamais simplistes, toujours passionnants, et ambiance éthérée et froide, souvent changeante. Du trip-hop de haut vol sophistiqué.

Fakear – Dark Lands EP

Second beatmaker caennais qui marche forcément dans les pas du susmentionné Superpoze, Fakear a également réussi sa percée en proposant une formule on ne peut plus efficace : samples vocaux et mélodies accessibles, soupçons de world music (tantôt arabisante, tantôt japonisante), et beats fragmentés façon hip-hop anglais. Sans doute plus accessible que Superpoze, mais pas moins planant et intéressant.

Moodoid

Moodoid est un assemblage de beaucoup de choses, mais un assemblage étrange. On peut y voir tout et rien à la fois : des restes de psyché, un amour du chant français et de l’enfance sous maquillage, comme on peut s’imaginer un grand fils éduqué par un papa jazzman. Jazzman, il devrait l’être un peu plus dans la batterie mais l’innovation de son EP reste fabuleuse. Une belle place ici, gagnée sans grand doute mais un groupe qu’on attend au tournant pour l’année qui s’annonce. Et oui, on va pas rester sur des miettes, même si elles sont délicieuses.

Samba de la Muerte – 4 EP

Le projet folk de chambre d’Adrien, claviériste des Concrete Knives et de Superpoze (aux percussions) avait déjà fait sa petite impression chez nous (voir ici), mais leur nouvel EP 4 les placent dans un tout autre registre. On garde de côté ce premier essai qui regorge de mélodies fantastiques, d’une vraie fraîcheur et originalité qui finissait par manquer dans la nouvelle scène française se regardant un peu (trop ?) le nombril. Leur passage aux Transmusicales l’a confirmé : le folk des débuts peut s’étendre un peu du côté du rock et de la world music sans y perdre au change. Et même pas besoin de faire des choeurs aigus comme Bon Iver.

We Are Match – Relizane EP

Dans l’air du temps que ce premier essai de We Are Match qui signent avec l’EP Violet une vraie réussite pop bric-à-brac (on pense à Alt-J pour les alliances détonantes et le chant nasillard). Mariant habilement un grand nombre de références, et styles musicaux, les Parisiens ne délaisse pas les mélodies efficaces et prenantes chantées en chœur. Le tout pourrait être plus cadré, mais ils ont encore le temps pour ça. (Voir aussi ici)

Banks – London EP

Banks, c’est le projet solo d’une chanteuse originaire de Los Angeles qui a su rapidement s’imposer dans un domaine pourtant très concurrentiel : le r’n’b mettant en valeur des voix soul et des compositions teintées d’électronique et de hip-hop (façon Lana Del Rey, Autre Ne Veut, etc.) Des producteurs sérieux (Totally Enormous Extinct Dinosaurs et Sohn, entre autres, que demande le peuple) se sont emparés des compositions r’n’b, et l’EP empli de pépites a pris. La BBC la classe dans les futurs sons de 2014, et on est tenté de les croire.

So So Modern – Transpacific Express EP

Toujours spécialisé dans le délicat mélange du post-punk et du math-rock, les Néo-Zélandais de So So Modern ont profité de ce nouvel EP qui fait suite à un premier album impeccable pour explorer d’avantage la bipolarité de leur musique. Résultat : les morceaux complexes et bourrins le sont encore d’avantages, et les titres plus groovy et mélodieux se font plus sensibles. Une petite pépite injustement méconnue. (Voir aussi ici)

John and the Volta – Empirical EP

Les Bordelais très fans de Radiohead période In Rainbows ont su affirmer une identité très marquée sur ce premier coup d’essai extrêmement prometteur. On attend la suite avec impatience. (Voir aussi ici)

Sapin – One Two Tree Four EP

Du garage rock, un peu country, un peu surf : la recette magique des Rennais. +1 pour le jeu de mot de l’année.

Born Bad Records

Pour l’ensemble de l’oeuvre du label qui redonne ses lettres de noblesse au garage rock bien cradingue. Un catalogue fou furieux, barré et psyché comme on l’aime.