Burnside Eleven : corner rentrant, but à la volée

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Burnside Eleven c’est l’histoire d’un petit gars d’un vingtaine de berges qui erre, seul ou accompagné parfois, de troquet en troquet pour faire siffler sa vieille guitare et en user son manche. Théophile de son nom, tente le retour au one man band, une formation qui s’est perdue avec le temps, quelques chose qui est carrément hors du temps, à vrai dire. Il sort son nouveau disque chez Retard Records, on l’a décortiqué, désossé, séché puis on s’est bien amusé dessus.

Sa personnalité tourne autour de vieux blues, du blues blanc et très sale, électrique. On est loin de Robert Johnson, mais pas tant, on oublie pas non plus John Lee Hooker. Enfin, il a peut-être jamais écouté ces mecs-là… Pas du genre à se faxer dans un trois-pièces, Burnside Eleven reste abrasif même après plusieurs titres entre Black Totem Records et Retard Records, on s’est même surpris à être surpris. Ce genre dans lequel évolue le bonhomme, est un monde qui amène la répétition, la source est primordiale, presque plus que l’arrivée. Le passé compte autant que l’avenir, et l’avenir souvent on s’en fiche un peu. Peut-être plus audacieux dans les ramdams que dans les ballades, Cheap Diamonds est une jolie expression vintage, sordide et illustrée par Lou L’Enfer (bouuuu) d’un coup légendaire. Ici nous n’avons pas l’habitude de chroniquer un enfant du garage et du blues, mais lorsque ça arrive c’est du miel pour les oreilles. Vous l’aurez compris, on file la note maximale en ce début d’année à Burnside Eleven.

Le disque est court – pas un problème, court et intense. Le début en douceur ne permet pas d’envisager la claque qui arrive à vitesse grand V, il faut arriver au deuxième voire au troisième morceau pour ouvrir grand les oreilles, fermer grand les yeux. Sur Obsession Song, Burnside Eleven rameute la ferveur d’une véritable équipe de foot et nous balance au Texas, s’enfilant des scotches de mauvaise facture avec un gazier du genre Seasick Steve. Niveau références, on reste limités hein, mais au moins on ouvre les oreilles. Bingo, on te lâche plus.