Forever Pavot – surtout ne pas bouffer de graines

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Ça va, Émile il s’appelle. Forever Pavot donc, nous allons en étaler un papier sans vraiment savoir ce que c’est et ce que ça implique. Le pavot est bien connu : oui mamie, c’est ce qu’il y a sur les baguettes que tu achètes ! C’est bon ! Dites-vous que la musique de Forever Pavot, oscillant extrêmement (on insiste) habilement entre plusieurs terrains, tantôt folk tantôt psychédébile. La folk étant devenue une denrée rare, ceux qui comme moi veulent en écouter version troisième millénaire ont depuis longtemps accepter de se rassasier avec des graines, parce que Jacco Gardner et tous les marsupilamis qui font l’amalgame entre folk et acoustique commencent à devenir quelque peu rébarbatifs (ok y’a toujours ce bon vieux Mikal Cronin). Pour moi, Forever Pavot a des cousins dans la folk, faites pas cette tête. Bert, si tu m’entends.

Nous avions remarqué Forever Pavot avec le titre Christophe Colomb, fabuleux joyaux de la couronne des sans-paroles, qui ressemblait plus à la grande récré d’un garçon qui ne sait quoi faire de ses journées. Dans le fond, on n’est peut-être pas si loin de Jessica93 qui tapote dans le même débit. Impossible de résumer le pavotgate à ces simples traits. Le voyage est très long, et se déroule en plusieurs rounds. Il est clair, net et affiché que ça ne se passe à notre époque mais plutôt dans un 1965 post-Indiana Jones qui effleure subtilement le psyché. Si vous êtes toujours en crise d’asthme sur les pseudo-concerts de Tame Impala, oubliez Forever Pavot fissa, ça vaut mieux pour votre santé, vos oreilles et votre consommation de cocaïne coupée au Saint Louis. Les escapades sont folles ici, Miguel El Salam, bon dieu quel pied ! Désolé si la formule est un peu osée, mais, mmh, quel coquin. Coups de fouets, clavier qui déborde, voix bien sentie, batterie assez bancale pour être exploitée : Forever Pavot est fort, c’est assez impressionnant. Frantic City Records (à qui nous avons parfois tiré le chapeau) ne s’était pas trompé de tête, les morceaux dont nous parlons étant plutôt du côté du label Sound of Salvation. Un EP à sortir en janvier, La Rabla, Miguel El Salam. Du vintage qui ne l’est pas car assez fûté pour être novateur et se foutre du passé, le projet accroche et accroche et accroche. Juste, mollo sur le combo basse/médiator parce que c’est assez dégueulasse quand même et on signe immédiatement sur la route de l’Orient.