Afropop romantico orchesterale

Il y a des groupes qui ont du talent mais qui aiment en faire des tonnes. Quoi de plus pompier que le titre de cet album Let’s Go Extinct et le thème associé, métaphore filée tout au long du disque, blabla indigeste sur la création de l’univers. Un peu de la même manière que les souvent excellents Guillemots – qui annoncent quatre LP par an pour en sortir finalement un seul moyen – Fanfarlo a clairement eu du mal à se canaliser sur cet album. ET POURTANT ça reste plutôt très bien, par exemple:

 

 

La bande de Simon Balthazard avait sortit l’un des meilleurs albums de l’année 2010. I’m a Pilot, Ghost… une ribambelle de folk songs emballantes teintées d’un petit côté Arcade Fire. Après un second album pas inintéressant mais qui marquait le pas, la folk assez sobre de leurs débuts laisse place à une pop-orchestrale décomplexée. Easy-listening, peut-être, il n’en reste que ça marche et que c’est parfois plus subtile qu’il n’y parait. Fanfarlo pioche dorénavant un peu partout, plus seulement dans les trompettes balkaniques de Beirut ou dans les refrains catchy des susnommés canadiens.

 

Fanfarlo - Lets Go Extinct

 

Plus que de la retenue, c’est un romantisme flamboyant qui triomphe la plupart du temps. Certains morceaux ont même un faux-air détaché de The Smiths (The Grey and Gold). Des violons, des cuivres, des pianos, des envolées assez ronflantes donnent un côté baroque parfois en -relative- retenue (Painting with Life) parfois carrément grandiloquent (Myth of Myself). On retrouve également des influences plus surprenantes. Entre autres une teinte 1980-afro-pop très Talking Heads (A distance), plusieurs morceaux osent même le saxo, les rythmes limite world-music voire carrément caraïbes (We’re the future). Certainement pas alternatifs mais diablement plaisants, les Fanfarlo ont un talent inné pour les mélodies magnifié par un beau duo de voix. Si seulement cette énergie se dissipait un peu moins la tête dans les étoiles! (cf cette magnifique pochette…) Le groupe évolue à son rythme: moins innovant qu’Arcade Fire, plus inventif que la cohorte Maccabees-etc, Let’s Go Extinct surprend par ses influences et c’est déjà pas mal.

 

7