Du lent, du rapide, et de la déception

Allez, je le balance d’emblée : Breton fait quand même beaucoup penser à Foals (c’est cadeau, mon point Foals est atteint, je vous laisse tranquille sur le reste). Mais quand les lads d’Oxford triomphent avec Holy Fire en se décoinçant légèrement (peu importe ce qu’on fait, on sonnera toujours comme Foals, pas la peine d’être obsédés du contrôle comme pour composer Total Life Forever) les Londoniens de Breton, semblent ramer un peu plus.

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Leur premier album était déjà sacrément varié, mais ce deuxième album en s’éclatant du contraste lent/rapide, chant dépressif/mélodies joyeuses pousse le vice un cran au dessus au point de nous faire douter : Breton est-il un groupe vraiment cohérent ? Et après tout, ne les aimaient-on pas divers et variés ? Sans incohérence, on aurait sans doute pas eu droit au beau final The Commission sur leur précédent album Other People’s Problems. Non, la diversité et un peu d’incohérences pourquoi pas.

Le principal souci que j’ai avec cet album est essentiellement la difficulté à identifier une évolution malgré un nombre de changements importants. On ne perçoit pas de vraies tentatives pour aller de l’avant, ni de volonté d’approfondir un premier album un peu brouillon (bien qu’excellent redisons le). Ici, la recherche d’identité donne un arrière-goût de non terminé, pire de touche-à-tout bancal.

On les surprend même à récupérer et recycler des chansons de leurs EP Counterbalance et Blanket Rule (How can They Tell qui ressurgit sur le titre S4, Counterbalance sur 302 Watchtowers), ou à reprendre certaines formules quasi-caricaturales (Legs & Arms, sorte d’Edward the Confessor en moins inspiré avec une mélodie d’une pauvreté relativement navrante). La froideur des synthés, la rigueur des rythmiques ont visiblement été troquées contre des sons bien moins particuliers et beaucoup plus naïfs, dommage.

Pourtant, l’espoir n’est pas perdu : le tube linéaire Get Well Soon, malgré des choeurs relativement bancals, s’en sort bien et renoue avec l’ambiance abstract hip-hop et industrielle qu’on aimait tant, en renouvelant le son du groupe. Fifteen Minutes, National Grid et Search Party auraient également pu me séduire avec ce chant mélodieux et mélancolique, mais voilà : il  faut que ces vilaines batteries névrotiques viennent tout emporter dans un tourbillon sans grande profondeur. Inutilement rapides, les pauvres s’épuisent à la tâche.

Je suis donc doublement perplexe : quand Breton se décide à changer et tente des trucs, on est un peu sceptiques sur le résultat (ce final de funk ensoleillé sur Brothers, allez pourquoi pas), mais les voir hésiter, se répéter et stagner ne me transcende pas non plus. En résumé : on ne sait pas bien quoi leur conseiller, mais on est quand même bien déçus.