Frenchedelia Vol I & II – psychédélire

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À l’instar des Inrocks qui nous sortent des compilations au coq toutes plus inintéressantes les unes que les autres – oui on aime bien Aline mais quand même, quelques petits bonhommes osent encore se décroiser les bras et offrir des compilations profondes et puissantes. Nous en avons ici une nouvelle démonstration, un nouvel Over The Top dans lequel le bras de fer de Stallone se transformerait en puissant râle reverbéré, égalisé par des tremolos et du flanger à faire pâlir l’avion de Lost. Ce grand coq tout en couleurs est subitement devenu la nouvelle égérie du bon psyché dans notre vieil hexagone (et peut-être pas que) tant cette double compilation mérite le succès.

À cheval entre les risques et les effets, c’est tout le paradoxe du psyché qu’elle arrive à dénuder : sous les effets, qui, par définition cachent les choses, on aperçoit une réelle force, un propos bien tenu. Ce que je n’apprécie pas dans le psyché et tous ces groupes qui s’y planquent sont donc instantanément balayés d’un revers de main. Nous faisons des découvertes entre les groupes déjà connus (The Jabberwocky Band, Sudden Death of Stars, Lonely Walk du faux collectif Iceberg) et les disques ont la ganache de ne pas tomber dans le tout-psyché : une part est laissée au post-punk, au rock qui détache, à la wave froide et même aux appels voodoo en PVC.

Quand viennent les compilations à critiquer, c’est avec un plaisir non dissimulé qu’on décerne le premier César, car là où l’explosion des tympans est proche, le côté pédagogique est également subtil, car ceci peut vous offrir des alternatives en béton aux groupes trop connus qui ne font pas de musique psychédélique (“le Diable, ça va” pour citer un autre vieux coq qui avait tout compris). Le premier versant est finalement plus psyché, mais le second se joue autrement plus fort et vous fera passer par tous les états proches de l’Ohio.

Même si tout n’est pas au zénith, les mecs touchent beaucoup. Un véritable travail de moine comme on dit. Le papier d’Arménie peut brûler, eux ne viendront par vous sauver. Plutôt, ils vous mettent une cuillère en argent entre les chicos, comme Anton Newcombe en son temps.