Haut de gamme

Le mot épuré a rarement eu autant de sens que sur le premier album de James Hinton aka The Range. Pas minimal, simpliste ou rachitique, juste épuré. Nonfiction est une collection de perles subtiles d’électro mélodique, teintée de Hip Hop et RnB. Un est de ces albums qui s’écoutent plus à la maison qu’en club.

 

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Plus on écoute Nonfiction, plus on l’aime. De banal, il devient intriguant et franchement addictif. L’album glisse, coule et même si le son n’est pas foncièrement inédit – on pense à un Aphex Twin apaisé ou même à Mount Kimbie et Gold Panda – ce gommage systématique de toute aspérité, de tout sentiment désagréable ou d’agression sonore est intéressant en soi. Nonfiction s’écoute d’une traite ou même en boucle, plutôt que chanson par chanson. Le mettre sur pause ressemblerait presque à  un crime.

Majoritairement instrumentales, les pistes sont courtes, douces, confortables. Elles développent un thème, une histoire courte, une fleur qui s’ouvre lentement. Des samples – pompés sur Youtube dixit James Hinton – donnent une couleur particulière à chaque morceau. Ils en deviennent hypnotiques mais jamais répétitifs. Plus ou moins luxuriant, l’album est parcouru de pianos délicats, de violons et sons plus synthétiques. C’est la perfection rythmique qui marque le plus, les beats sont légers, jamais violents. Un album lumineux qui dégage une belle harmonie très paisible. On n’ira pas jusqu’à dire que Nonfiction donne le sourire mais plutôt qu’il plonge dans une torpeur très plaisante, des premières secondes de Loftmane aux dernières notes de piano de Metal Swing. Si vous les aviez manqués fin 2013, l’erreur est maintenant réparée.

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