Cymbals – Danse vs. solitude

Oui, on ne le sait que trop : on a déjà bien bouffé de la synthpop façon M83 ou Passion Pit, avec son lot de synthés kitsch, de mélodies mélancoliques, de paroles déprimantes et de batteries dynamiques et rythmées, qui font danser tout le monde.

Et pourtant, à chaque nouveau groupe, on se dit que c’est quand même diablement efficace toute cette histoire, et surtout drôlement réducteur de ne concevoir la chose que sous l’angle des claviers fous. Le nouveau groupe qui se démarque du lot, c’est Cymbals, qui viennent de Londres et qui construisent leur univers autour des synthés et mélodies évoquées plus haut, mais s’en détache en profondeur. Leur nouvel album The Age of Fracture est paru au début de cette année.

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Loin d’évoquer des similitudes de style avec les cadors du genre (Passion Pit et M83), Cymbals rappelle surtout leur vraie profondeur mélodique. Avec un goût prononcé pour les paroles conscientes de la séparation des personnes dans une époque vide de sens, les plus vieux penseront évidemment à Peter Gabriel, maître du genre. L’album ne s’appelle pas The Age of Fracture pour rien.

Dans le même registre que We Are Match, Cymbals soigne leur pop sous obédience disco et new-wave pour en tirer des chansons qui n’ont pas peur de s’étirer en longueur pour ancrer un rythme par la répétition, et surprendre à coup de gimmicks évidents (Winter ’98). Tirant quelques bords du côté du rock et de la folk, en soignant les guitares claires et les riffs précis (ces fameux riffs tranchants qui rappellent que Cymbals s’est bien amusé il fut un temps avec les vestiges du revival post-punk).

Mais sans forcer le trait et vouer corps et âme au disco et aux 80s (tout le monde ne s’appelle pas Cut Copy), Cymbals renouvelle le genre et prouve que loin de toute mode ou revival, on peut encore faire de très bons albums en faisant penser à New Order.

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