Call Me The Monstruous Never Wanted Upsetter

Il y a quelques années déjà, on s’était écharpé comme souvent sur The English Riviera, à l’époque certains regrettaient la période Nights Out, d’autres criaient au génie. On peu le dire, on a tous été déçu par Love Letters. On attendait de voir le groupe live pour donner un jugement définitif. C’est chose faite, on peut descendre gentiment Metronomy avec pour seule mauvaise fois, l’admiration qu’on leur a autrefois portée.

 

 

Love Letters est un album paresseux. Non pas cette paresse qu’on leur connaissait, jouissive, pleine de langueur, de lendemain de cuite ou de vacances à la plage, Love Letters est juste un album très feignant.  La meilleure preuve c’est justement ce live auquel on a assisté à Copenhague. Qu’est-ce qu’on a vu? Un groupe qui s’ennuie en jouant un album ennuyeux, un groupe qui sabote son propre set auparavant sautillant et souriant à coups de chansons tiédasses en plein milieu de concert. Pas grand chose à retenir, les meilleurs titres de Love Letters (The Upsetter, Monstruous, Reservoir) n’auraient leur place sur aucun des albums précédents de Metronomy. Tristounet, plat, pseudo lo-fi après la pureté de la production de The English Riviera, les anglais présentent un disque presque gnangnan aux solos de guitares guimauves et aux chansons souvent interminables (I’m Aquarius, Love Letters).

 

Metronomy-Love-Letters

 

À force de vouloir atteindre la quintessence pop, Love Letters tombe également dans le travers opposé du minimalisme outrancier. Plus d’instruments, plus de percussions, plus de mélodies, plus de refrains, des couplets flemmards. Ce quatrième album est une prolongation creuse du précédent effort. La bande de Joseph Mount n’a pas dû suer sang et eau pour composer Love Letters, ils le savent sûrement un peu, cela se voit beaucoup en concert. Là où chacun des albums apportaient quelque chose de nouveau, repartaient de zéro pour développer un nouveau concept, Love Letters pioche vaguement un peu partout sans idée directrice. Pourtant, le début de l’album n’est pas si horrible, pas “trop mal”. Ensuite, ce n’est qu’une longue dégringolade vers des sommets de rien du tout (Call Me, Most Immaculate Haircut, Never Wanted). Une succession de transitions très anecdotiques qui constitueront sûrement un pont (à effondrer bientôt) entre The English Riveira et un cinquième album bien plus inspiré, suite à une tournée qui les aura laissés – tout comme leur public – au mieux dubitatifs. On espère.

 

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Photo de Morten Aagaard Krogh (mortenkrogh.com)

En attendant, de Loppen, la salle de concert très sympathique de Christiana (le quartier/communauté autogérée hippie de Copenhague), on est ressorti très déçus. La batteuse Anna Prior est certes charmante mais complètement à la masse, elle n’en met pas une dedans, totalement inhibée et incapable de chanter juste (Everything Goes My Way s’avère catastrophique). Joseph Mount mélancolique comme jamais reste assis derrière son clavier. La basse de Gbenga Adelekan et le claviériste fou Oscar Cash n’arrivent pas à sauver ce sabordage souvent à mourir d’ennui. Beau symbole, la foule frémit dès les premières notes de Hearbreaker, semble s’enflammer, un peu. Mais au lieu de finir sur cette note réjouissante, Metronomy – non sans un certain masochisme – conclu le rappel par une Most Immaculate Haircut. Une vraie purge.

 

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