Julien Gasc – le talent ça n’existe pas ?

JulienGasc

Brel disait, affirmait, criait que le talent n’existait. Si quelqu’un a la volonté de (bien) manger un homard, alors à cet instant précis il détiendra le talent, le talent de manger du homard. Telle était son idée, en gros. C’est sûr qu’à côté du grand Jacques, t’as vite fait de déchanter et de passer pour un gland pour peu que tu oses t’essayer à de la musique véritable. Tout cet introductif pour dire que parfois, peut-être que certains titillent le “talent”. Cette espèce de chose imprécise réservée aux légendes mortes et surtout pas aux bandes de petits jeunes qui se lancent dans le monde des requins. Mais il y a surtout le travail, et moi qui suis long à la détente.

Julien Gasc a dévoilé sur Born Bad Records (et vous comprendrez que c’est étonnant, ou non d’ailleurs) son disque Cerf, Biche et Faon, une chose imprécise et vraie, peut-être vouée à des souvenirs. Réponse à trois points : oui, c’est bien là des points communs avec “le talent”. Honnêtement, je suis tombé sur Aquaserge ce matin presque par hasard alors que le nom trottait sur mon ordinateur depuis quelques temps, et de fil en aiguille Julien Gasc m’est tombé entre les touches du clavier. De la chanson en français, que je saurai bien mal définir mais qui garde le mérite de pas se la péter à tous les coins de rue, ou pire : de s’exhiber partout et tout le temps, sans limite. Cerf, Biche et Faon est un disque humain et bien joué, aucune idée de qui joue dessus, si ce fameux Julien compose seul ou non mais au moins il se passe quelque chose, il se passe même pas mal de trucs si on l’écoute d’une traite. La jalousie notamment, trop peu mise en musique à mon goût. Impossible de mettre une époque ou des étiquettes sur cet album, et c’est bien là ce qu’on aimerait voir plus souvent. C’est tout con.

Born Bad goes pop, mais putain JB Wizz, tu fais bien. Le label rock par excellence sur le territoire qui va de Brest à Marseille, le label de Frustration, et bien cette même entreprise peut partir en sucette et nous pondre Allombon de Dorian Pimpernel (dont nous n’avons pas dit un mot, mais qu’ils sachent qu’on l’écoute) et Cerf, Biche et Faon. Les grands barbus ont encore de l’avenir, c’est moi qui vous le dis. Quand tu écoutes Tu m’as quitté, La boucle, Canada ou encore Jouir, oui tu comprends qu’il y a quelque chose. Remonte sur ton piano et ta Danelectro couleur huile d’olive Julien, que ce soit seul ou avec Aquaserge – ou autre, on les connaît pas tous, on te suit, l’image figée d’un abasourdissement bien en tête.