L’EP des Quetzal Snakes en avant-première

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“This is not a psych band” déclamaient les marseillais l’autre soir, les mots sont posés. Qu’ajouter alors, quand quelques mecs évadés de la canebière défoncent les murs à grands renforts de larsen, enrobés dans le garage le plus lent, lourd et submersible ? Trois adjectifs qui pourraient passer pour des défauts à qui n’aime pas souffrir et se faire bouger le cerveau. Les Quetzal Snakes sont déjà bien connus dans le coin, ayant retourné quelques troquets et autres endroits, notamment en première partie des revenus-d’entre-les-morts Warlocks (ça va, on a quand même le droit de sortir qu’ils reviennent de loin eux)…

Un 6 titres qui sort sur deux labels qu’on écoute pas mal : Howlin Banana Records et Retard Records, illustré par le timbré Lou L’Enfer. On a rapidement proposé au premier des trois de diffuser ici en exclu l’EP des serpents à plumes, le bide un peu cassé par tant de décibels. On en connaît déjà la moitié (le triptyque Wet/Lovely Sort of Death/Oh Lord of Deafstruction) mais ça nous laisse 3 patates à se mettre sous la dent. Ça parle un peu d’amour d’ailleurs, mais pour une fois qu’on a pas besoin de sortir les mouchoirs, il ne faudra pas compter sur nous pour s’en plaindre. Les Danelectro et autre Fender fusent de partout en réussissant à éviter les pièges (n’est-ce pas les gros relous de Tame Impala ?), la batterie rythme bien et tout le reste s’accorde dans ce superbe bordel énervé. À s’imaginer hippies fuzz des années 70, on va vite finir par se laisser pousser la tignasse devant un son aussi coloré. À la rédac’ on reçoit trois millions de choses – et tant mieux, autant de disques qu’on doit écouter mais j’ai mes petites habitudes, je suis le pro quand il s’agit de ne rien écouter. Mais quand tu vois marqué Howlin Banana et Retard sur un disque, tu ferais bien de ne pas faire la fine bouche. Parce que niveau son, compositions et sans doute live (on n’en sait rien, on a jamais vu, mais si l’écurie est fidèle à elle-même) ce n’est pas chez Pan European que tu vas trouver l’égal des Quetzal Snakes. Je ne vais pas gâcher la surprise, ce sont 6 morceaux qui restent cohérents et impassibles devant nos oreilles, une personnalité qui avance au fur et à mesure. L’entité à plusieurs n’a pas fini de demander des biquettes en offrande, c’est moi qui vous le dis.