Mermonte – Audiorama Release Party

Vendredi dernier, on est allé à la fête de sortie d’album de Mermonte. Au programme  The Whalestoe Attic, Dad Rocks!, Mermonte, et un DJ set de Mha pour conclure.

mermonte

L’Antipode vient d’ouvrir ses portes, on est un peu à la bourre (classique), mais on ne rate pas pour autant l’incroyable performance de The Whalestoe Attic, entre musique classique et boucles hypnotiques à forte connotation expérimentale. Transcendant les genres et les normes pour proposer un vrai voyage musical ni vraiment pop, ni vraiment classique, mais un bon compromis. La violoniste de Mermonte fait partie du groupe, et on devine aisément la filiation, autour des oeuvres de Philip Glass peut être (?).

On profite de l’interlude pour aller se poser au calme et regarder le très beau film de la Blogothèque, “Onamission”, avec Mermonte. On savait déjà que la Blogothèque savait filmer la musique comme personne et capturer les petits instants de flottement post et pré-concert, on les découvrent capables de saisir la personnalité des musiciens même quand ils ne jouent pas. Et puis Mermonte sur un bateau, c’est beau, très beau.

Dad Rocks! succède au quatuor à cordes précédent, et se fend d’une vraie belle folk lumineuse, aux parties de guitares travaillées qui détournent les arpèges pour des cascades de notes impressionnantes. La voix superbe de l’islandais Sneavar Albertsson transporte et impressionne. La comparaison est peut être trop évidente, mais il est difficile de ne pas penser à The Tallest Man on Earth, habile soliste au moins aussi charismatique que Dad Rocks!. Comme le suédois, Dad Rocks! habite littéralement ses chansons et nous les fait vivre à 200%, capable de mener un public à la seule force de ses petits bras et de sa guitare acoustique. Visiblement ravi de jouer pour cette soirée carte blanche à Mermonte, il se fend de quelques anecdotes personnelles à l’origine de ses chansons. Ses histoires sont loin d’être gaies (anorexie, chômage, tout ça), mais la simplicité désarmante du chanteur et un bon second degré nordique font passer très bien la chose.

En clôture, et devant une salle quasi-comble, les rennais de Mermonte font leur entrée, au grand complet (quelques instrumentistes rejoignent même la bande pour l’occasion). On découvre une bande ravie d’être présente et de retrouver enfin le chemin du live. “On a pas joué depuis 6 mois, et on avait clairement faim de scène !”. Savant maëlstrom de musique pointue et accessible, de doux rêve éveillé et de doubles parties de batterie, de dynamique rythmique et de grande complexité dans les arrangements, on ne retiendra qu’une seule chose : on a écouté le deuxième album en studio et donc aussi en live à présent, et il est merveilleux, on vous en reparle au plus vite.

Côté énergie, un quatuor dynamique, c’est toujours impressionnant, mais quand 14 musiciens aussi coordonnés et aussi ravis d’être présent se déchaînent en choeur d’une aussi belle manière, c’est quand même extrêmement difficile de résister à la bonne humeur ambiante. Tout une dynamique se crée autour des stops millimétrés, des batteries entêtantes et rythmées, mais aussi autour des parties de guitare qui lient les compositions et autour des moments de repos (ces belles parties de violon ou de xylophone qui font aussi grandement le charme de Mermonte).

Petite surprise du soir, Dad Rocks! rejoint la troupe pour entamer une reprise d’un de ses morceaux, reprise mariant bien le style folk mélodique de l’Islandais et la richesse orchestrale de Mermonte. Petite habitude, le groupe joue ensuite un inédit tout en montagnes russes, en compagnie d’amis qui se positionnent de chaque côté du public et tambourine sur des toms pour donner une autre dimension au morceau. Côté gauche ou côté droit, chacun choisit son camp dans la salle et profite du double spectacle : un pré-final sympathique à l’image d’une soirée chaleureuse et conviviale où chacun se déchaîne, mais en rythme ! Nourris de bis, Mermonte entonne Monte en second rappel (plus impromptu ?), et repart comme il est arrivé, ce groupe impressionnant de simplicité pour un projet aussi fou.

On peut légitimement penser qu’il n’y a rien qui ressemble à Mermonte dans la scène musicale actuelle, et que c’est une très bonne chose que leur musique soit aussi géniale et jouissive.

(P.S. On a fait nos lâches, on a cédé au poids de la fatigue et on est parti sur ces belles images. On repassera plus tard pour un DJ set de Mha, c’est promis, on adore aussi ce beau projet musical.)