Mermonte – Equation pop

A l’écoute du second album de Mermonte, Audiorama, on  se dit qu’il sera bien difficile de prétendre poser des mots à la hauteur de cet album dense, fouillé, complexe, mais surtout mélodieux et impeccablement pop. On a aussi envie de citer le grand poète Greenwood et reprendre cette phrase tirée de sa chronique de l’album de These New Puritans, “La concurrence peine, dur dur d’écouter autre chose après ce raz-de-marée”. Parce qu’il est vrai qu’après avoir écouté Mermonte, il est dur dur d’écouter autre chose qui y ressemble de près ou de loin.

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Audiorama marque une vraie évolution par rapport au premier album éponyme. D’abord par un son moins frontal et immédiat, très orienté folk et jazz, à la fois riche mais rêche. Audiorama, comme son titre l’indique, revendique une ambition certaine, les sons se font plus amples, plus travaillés, la production et les effets de guitare troquent le minimalisme pour un effet de masse saisissant. Les détours se font plus nombreux, un soin particulier est apporté à la belle  introduction Jérôme Bessout.

De l’amusant post-rock orchestral sur Cédric Achenza, de la cavalcade pop sous amphétamine sur Angélique Beaulieu, de la musique de film maritime avec batterie sur Florian Jamelot, de l’interlude acoustique auprès du feu de bois pour Mathieu Rouet, il y en a visiblement pour tous et pour tout le monde dans ce sympathique hommage aux gens et aux musiques qui ont façonné l’univers de Mermonte et de Ghislain Fracapane, son compositeur principal.

S’il fallait retenir un morceau, on choisirait sans doute Karel Fracapane, single évident porté par son riff aérien. Dynamique et pourtant en déséquilibre par sa signature rythmique, irrésistiblement joyeux et pourtant emprunt d’une mélancolie, marque de fabrique du groupe (même si le très beau titre Cécile Arendarsky fait très fort dans cette veine également et mérite qu’on l’évoque ici).

Avant toute chose, Audiorama est un grand tournoiement pop, qui transforme, envoûte et fascine à la croisée d’univers que tout opposent, et qu’on retrouvent pourtant unis dans un album de pop forcenée, désarmante de simplicité et pourtant diablement exigeante.

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