Totorro : dans ta gueule

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Folie furieuse, véritable fanfare, “pluie diluvienne de punchlines” dirait mon vieux pote K double A. Les mots me manquent pour exprimer la claque que je ramasse en écoutant Home Alone, le Totorro nouveau. Et le pire, c’est que ça dure depuis quelques semaines. On savait ces petits Rennais doués et violemment inventifs, mais cette fois nos convictions sont ébranlées. Retour sur les faits.

JNSPUF a découvert Totorro il y a des siècles, on pourrait presque (prétentieusement) dire que nous sommes là depuis le début, depuis la première bribe de chanson postée sur Bandcamp. La fine fleur du DIY, on l’avait consommée bien avant le mariage avec Récréation Center (label créé par Yelle, dont nos petits cocos sont la seule signature si ma mémoire est bonne). Après quoi, forcément, nous sommes allés les voir en live. Quelque part sur un disque studio, tu peux toujours tricher : c’est pas très dur. Tu peux toujours enrober ta Travis Bean de guirlandes de reverb pour cacher tes erreurs, mais ici les erreurs semblent s’être évaporées. Mais oui on vous le dit : c’est le compact disc ultime, celui avec lequel tu pourras pécho des nanas en prouvant ton érudisme musical, et pourtant j’en connais qui vont passer à côté de ce disque en pensant y voir un relan métal mal placé. Et puis, c’est bien le métal, bande d’hurluberlus.

Home Alone vient de débarquer, fin avril par là, et malgré sa durée relativement courte (faut également avouer qu’on en aurait bien repris au dessert), Totorro fait mouche. Bien sûr on connaissait déjà les 3/4 de la galette mais impossible de bouder son plaisir ou de sortir un mini petit doigt de snobisme face à ce mur de fun. Les gars, on les sent se trémousser comme des métalleux sur toutes les scènes qu’ils ont déjà conquises finger in the nose, bouclettes au vent et amplis sur 11. Tonton Alain Michel ou Eric Colson, des perles en puissances. On appréciera moins les intros mélodieuses, peut-être trop d’effets, mais peut-être aussi ce fameux petit doigt de snobisme qui revient. L’album se termine sur des rythmiques super intéressantes, et difficile d’en faire une critique à l’heure où l’inventivité n’est plus reine des dancefloors, Totorro remet la balle au centre. Les gars, à quand l’interview ? On vous attend, oh oui on vous attend.