À la bourre : qui est Mac DeMarco ?

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Qui est Mac DeMarco ? J’ai vu sa trogne pour la première fois il y a quelque chose comme deux ans, en pleine grâce sur la pochette de son disque “2”. Il vit dans une évidente sincérité (oui parce qu’on peut pas être aussi con et être hypocrite) quelque part sur la côte américaine, planqué dans son studio avec ses copains d’enfance. Il pond des mélodies à ne savoir qu’en faire, il a les dents du bonheur et des cheveux fous. Et quand on tape son nom sur Google Images, c’est un vrai déluge de bonne tise. Mais sa musique est difficile à mon oreille, moi aussi j’adore jouer des choses débiles, mélodieuses et sans grande pompe pour plaire au tout-venant, mais moi je ne comprends rien à Mac DeMarco.

Pour parfaire mon inculture, au moins arrondir ses bords, je me lance dans le documentaire Pepperoni Playboy (juste au dessus, sur Pitchfork), 33min d’images sur de la musique avec seulement quelques instants volés où le Mac parle, nous file des tips pour réussir notre vie. Le reste n’est que vent ou conneries devant les chinois, ce que par ailleurs j’aime beaucoup. Salads Days est publié depuis quelques mois et tout le monde l’a écouté sauf moi, fichtre j’ai encore quatre wagons de retard sur tout le monde. Le premier souvenir qui me vient sur le gugus est de lire un argument en sa faveur : “(cris d’admiration) il fait des trucs vraiment chouettes, et il joue ça sur une guitare à 50$ !”, je ne saurais vous dire mais cela sort d’un grand média, du style prédicateur (ne pas confondre avec prédateur). Au bout de 3min de documentaire je me rends compte que si Mac joue sur une électrique à 50$, tout ce barda est enregistré sur du gros matos, très très gros matos. On est plus sur du 30.000$ que du 50. Plonger dans son disque Salad Days, c’est s’ennuyer ferme les quatre premières fois, y revenir quelques semaines plus tard et reconnaître un type inclassable. Trop bizarre pour vivre, mais trop rare pour mourir, et plutôt doué sur les arrangements. Tous les entrelacements fonctionnent, DeMarco tient tout son petit monde par le bout du nez et sous ses airs de gigolo, il joue bien mieux qu’il ne le laisse croire, réussissant à sortir en février la bande originale d’un été.

Dans la bonne pop, j’en vois pas des dizaines pour nous faire plaisir. Et m’étant retenu d’en raconter du mal avant, je reviens aujourd’hui pour en dire un peu de bien. Ce disque ne me touche toujours pas autant qu’il le pourrait, mais la personne un peu. Mac DeMarco est le bon copain dans un monde de veaux, coincé dans la roulette sacro-sainte du Pitchfork (“han on va mettre 4,58/10 à ce diks !”) mais éternellement souriant. Complètement cintré, ce garçon a eu la bonne idée de ne donner aucun sérieux à son image, de laisser le fun agir en toute circonstance. J’aime pas ce monde, ce disque je l’aime assez, plus que je ne l’admettrais, mais ce mec je l’aime bien. Lui, il s’en fout il est perché.