C’est quoi ton Gearporn #2 : Cassius

Suite de notre bébé rubrique Gearporn qui prend son envol avec l’épisode #2 et Cassius (qui se parle à lui même, mais ça roule encore t’inquiètes). Si tu n’as pas la traître idée d’à quoi peut bien servir une pédale d’effets, je te conseille d’aller d’abord lire ici.

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Gearporn #2, c’est parti. Hello Cassius, utilises-tu des effets, si oui, pourquoi ? Est-ce vraiment important ? 

Cassius : Comme le dit très bien Jim, faut pas oublier que la musique, c’est quand même un sport de riches. Donc, même si dans les faits, tu veux t’acheter un max d’effets en tout genre, et peaufiner ton son après avoir maté plein de vidéos de démo trop cool, la réalité économique de la chose te fait bien souvent garder le minimum nécessaire. En tant que guitariste, on est toujours un peu schizophrène entre le : “ouais, mais jouer pur sans aucun effet, c’est le mieux, et puis de toute façon normalement y’a pas besoin de tout ça” et le “c’est totalement génial de transformer le son de guitare de A à Z, et de pouvoir changer d’ambiance entre les morceaux”.

Pour la musique que je joue et compte tenu de mes goûts musicaux, je pourrais faire partie des deux écoles. Je suis un assez gros fan de math-rock, et les effets dans ce style restent pour le moins minimaliste (un son clean rêche au possible bien souvent). Mais je suis aussi très fan de shoegaze, post-rock et tout ce qui compte de progressif ou psychédélique dans la musique, du coup j’ai bien conscience que The War on Drugs ou A Place to Bury Strangers, avec un son clean tout con, ça sonnerait pas tout à fait pareil.

Et donc, c’est quoi ton gearporn ?

Dans mon cas : actuellement 3 pédales, rien de bien foufou, mais une pédale de distorsion Rat de ProCo, une ReEcho de Mooer, et un looper de Korg, qui sert comme son nom l’indique à enregistrer des boucles de son et les répéter à l’infini, ce qui est pratique pour jouer tout seul deux parties de guitare différentes, en attendant de trouver un vrai groupe. Mon petit attirail est complété par une belle quart de caisse de chez Greg Bennett et un petit ampli Orange Crush 15R. Voilà.

Pourquoi ces effets et pas d’autres ? Ca donne quoi comme son ton bidule ?

J’ai d’abord passé mes premières armes d’effet avec potentiellement le pire truc du monde, un pédalier multi-effets. En gros, un truc qui “simule” un grand nombre de types d’effets classiques. C’est un peu l’équivalent du couteau suisse pour la pédale d’effets, sauf que tous les outils sont en carton. Ca sonne très moyen, et ça remplace pas les effets individuels, à moins de mettre les moyens sur la chose.

Après m’être débarrassé de ça, j’ai eu la chance de récupérer une pédale de distorsion Rat de ProCo, première version, trafiquée à la main par le guitariste de Dragsterwave, un groupe de stoner du Havre plutôt cool qui l’a apparemment bien amélioré (je dis “apparemment” car je serais bien incapable de te dire la différence avec un modèle standard). L’intérêt de cette chouette pédale, c’est qu’elle est plutôt polyvalente, avec un filtre qui permet de “filtrer” le son, pour avoir un son plus proche du fuzz (cf Gearporn de Jim qui explique bien tout sur le fuzz, cette saturation à l’ancienne), ou plus proche de la bonne grosse distorsion, celle qui sature le son avec tout plein de petits piquants. Ça donne un son moins lisse, et moins bourdonnant, plus agressif ou tranchant donc. Et j’avoue que je préfère le son plutôt pas filtré, ça me donne l’impression d’être Albert Hammond Jr ou de jouer dans Arctic Monkeys période premier album, c’est cool.

Et ton écho, il te sert à rien en fait ?

Mais si OH….. oh….. oh…… oh….. (ndlr : cette blague ne fonctionne pas très bien à l’écrit, mais je voulais quand même la laisser) Mon écho, il est super cool parce qu’il reproduit trois types d’écho différent, un écho analogique, un truc qui s’appelle “real echo” que j’utilise moins, censé reproduire un vrai écho du monde extérieur, et mon préféré, un “tape echo”, qui reproduit un écho à bandes. Un écho qui réenregistre la partie de guitare que tu joues et qui la répète en “colorant le son à chaque fois” (imagine un mec qui parle dans un mégaphone, qui parle lui même dans un mégaphone, etc). Donc ce “tape echo”, il colore le son à chaque fois, et ça peut finir par faire n’importe quoi (surtout en poussant le potard du feedback à fond), mais dans l’idée c’est très chouette.

Et puis l’avantage c’est que cette pédale est toute petite, et comme le note avec justesse “ExELCiS777” sur Youtube, “holy craap! its bigger than my penis and more effective too!!!”. Voilà, je laisse à Google Traduction la responsabilité de cette blague de merde.

Et pour se détendre après ce bon baratin, voici une vidéo d’un mec qui fait n’importe quoi avec 3 échos différents, mais qui garde son sérieux malgré tout.

Pour la suite, tu vas essayer de choper quelles pédales ? 

Franchement, j’hésite beaucoup. Je lorgne pas mal en ce moment sur les pédales d’effet de type chorus ou phaser, parce que je trouvais hyper cool le son du guitariste de feu Quadricolor, et que l’intro de “Boss” des Bewitched Hands me fait toujours frissonner, mais ce genre de son a quand même été beaucoup trop utilisé dans les années 80 pour faire très sérieux. Ou alors une belle reverb qui te donne l’impression de jouer dans une salle de concert de 10 000 personnes, ou même une église façon Arcade Fire. Apparemment, le must en la matière c’est la Strymon BluSky, et elle a quand même l’air de valoir son pesant de cacahuètes (275$ en l’ocurrence).