J.C Satàn : Italian Summer

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If you’re looking for italian summer… sur ces mots, balancés entre un riff bancal et noir comme du Black Sabbath et brillant comme de la bonne pop, les Satàn nous font entrer dans leur nouvel EP. Des couleurs à n’en plus finir, une joie dégoulinante ? Non, tout de même pas. Même si les bordelais ont pris le soleil et sont visiblement en excellente forme, ils gardent leur griffe. La bonne pop est un monde assez étrange, paradoxal : 90% des groupes pensant en faire n’ont même pas le bout des doigts de pied dedans, et nombreux sont les groupes appartenant à d’autres écoles qui y brillent. Mettre tout dans des cases, cela n’intéresse personne, c’est mauvais genre, comme ça fait désordre ! On voudrait pas passer pour des malpropres.

Mais J.C Satàn n’est pas propre. Pas du tout, pas un peu, même pas arrondi sur les bords ou sucré au milieu, et c’est bien là que ce nouveau single fait mouche dans la disco déjà bien fournie du groupe. On se souvient de Faraway Land et de sa patate légendaire, entre châteaux et dragons, en passant par une pochette super louche. La bonne pop, nous avions eu l’occasion d’en parler avec eux à l’Antipode de Rennes il y a quelque chose comme deux ans, leur musique en est pleine, ça déborde même un peu. Ça dégouline sur le bord, ici regarde. Italian Summer, s’il n’arrive que maintenant, résonne un peu comme l’achèvement d’années de trime, à chevaucher des pistes sur un ordi et se ruiner les doigts sur des Duesenberg bien lustrées. Italian Summer, c’est le truc que j’aurais adoré chanter à mon oral d’anglais au Bac, parce que ça se retient trois fois plus que n’importe quel Beatles (ou que n’importe quel tube pourri des Rolling Stones). Arthur, compositeur principal, a tapé fort sur ce coup-là… I Don’t Feel Like Dancing me rappelle cette vieille chanson des Scissor Sisters, une autre époque – et un autre registre aussi, dans l’intitulé seulement. Cet EP ne sonne pas totalement comme du Satàn, et ça c’est chouette.

Sortir un EP sur le label amerloque Trouble in Mind (Fuzz, Liminanas, Morgan Delt…) était déjà un joli coup de poker, maintenant on sait que les J.C Satàn connaissent la formule magique pour faire oublier tous ces prestigieux groupes, au moins pour 6 minutes et 7 secondes. Je jette un œil à mon tatouage de croix renversée et je retourne l’écouter, religieusement.