Rattrapage – François & The Atlas Mountains

Après l’excellent E Volo Love, j’étais tombé sous le charme de son successeur, Piano Ombre. Et comme bien souvent,  la tentation de crier au génie. Et pourtant, malgré toute l’affection que je porte à François & The Atlas Mountains, sa pop bilingue, transcontinentale et protéiforme, ça ne pouvait pour autant pas faire de mal de laisser un peu de temps au temps.

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Trois mois plus tard, on voit (un peu) plus clair à travers Piano-Ombre. On se laisse moins bluffé et impressionné par la beauté des arrangements, par un chant en français assumé sans forcer (car l’anglais lui sied très bien également). On mesure que l’univers musical qui nous paraissait un temps illimité est en fait bien plus cohérent et volontairement autolimité. Si E Volo Love gardait un côté presque sauvage et brut, Piano Ombre est lui plus romantique et poétique (les pochettes renforcent encore cette impression).

Trois mois plus tard, Piano Ombre reste un bel album tentaculaire, poétique et évidemment nocturne. Quelques allusions à la pop tribale d’Animal Collective, des soupçons d’afrobeat, quelques digressions électroniques plus appuyées que sur l’album précédent, des détours par les cuivres du jazz. Un univers qui s’auto-limite, qui évolue mais garde une grande cohérence.

A touches discrètes et avec une grande subtilité et un vrai raffinement, Piano Ombre saisit aussi facilement qu’il peut totalement laisser de marbre, je le conçois. Quelques errements ici ou là, des mélanges qu’on jugera habile ou malhabile, des reproches légitimes qui témoignent pourtant d’une vraie prise de risque. Conquis avant l’heure, je suis de la deuxième équipe, et le temps passé depuis la sortie n’y a rien changé, j’ai toujours autant de plaisir à ré-écouter cet album. Peu de choses sonnent aussi juste.

Bois, La Fille aux Cheveux de Soie, l’évidence du single La Vérité, le très beau gimmick de Summer of Heart, et Bien sûr, ébauchant à demi-mot une voie plus dansante en toute fin de parcours, tout autant de temps forts d’un album personnel touchant pourtant l’intemporel du bout du doigt.

CT7