BEAUREGARD 2014

L’été pour JNSPUF, ça commence avec Beauregard ! Comme tous les ans nous avons déployé nos forces sur place pour trois jours de vie de château. Comme on est des gros malades, cette année on a même pris nos crayons de couleur.

VENDREDI

midlake

Midlake a été notre premier coup de cœur du weekend : il a suffi d’une poignée de Texans et d’une flûte traversière pour transformer la verte pelouse de Beauregard en désert onirique à coup de mélodies pop poussiéreuses mais jamais arides. On y a fait le plein d’élégance et de sensibilité.



london

London Gramnar :
Malgré un début plus dans la performance que dans l’émotion avec une chanteuse qui enchaîne des vocalises un peu fatigantes, quelque-chose a commencé à se passer pendant les dernières chansons. Il faudra les retrouver dans un an ou deux, quand ils auront moins à prouver et qu’ils se seront détendus, ça pourrait devenir très intéressant cette histoire…

Blondie : C’est le concert de la discorde, le public s’est divisé entre ceux qui trouve qu’à un certain age il faut arrêter les frais et ceux qui valident les compensés blanches et le nombril à l’air à 69 ans. Enthousiasme total de notre coté, Debbie Harry assure toujours le show et on a passé un super moment.

Iam : On a dansé le Mia. On était content. (street credibility : 3/20).

blndie

Shakaponk : c’était déjà pas bien du tout lors de leur premier passage à Beauregard il y a deux ans, c’était toujours pas bien du tout. On a préféré investir dans une barquette de frite à 4€ et une pinte de bière à 6€ à la place. Ca leur apprendra.

Kavinsky : c’était franchement pas bien, après une demie-heure de sous-sous-sous-Daft Punk sans aucun intérêt, il nous a servi quelques chansons de l’album identiques à leurs version studio. Résultat : le temps qu’on arrive à Nightcall, on était devenu tellement aigri qu’on a pas apprécié non plus. Kavinsky n’est donc ni plus ni moins qu’un bon compositeur de génériques avec des lunettes qui font de la lumière.

Disclosure : Une énergie dingue et des tubes à ne plus savoir quoi en faire, le set est méga-rodé et d’une efficacité redoutable. On a dansé jusqu’à ne plus avoir de jambes.

 

 

 

 

SAMEDI

Chaque année c’est le même drame, malgré tous nos efforts et une volonté de fer, nous loupons lamentablement les groupes programmés tôt le matin (15h30). HEUREUSEMENT, nous vivons une belle époque où il est possible de revoir sur l’Internet les concerts que les aléas de vie nous ont fait louper. Tu peux donc comme nous danser devant ton écran ICI avec SAmBA De La mUERTE. 42 minutes de bonheur à voir et à revoir en famille.

wbhQuand on a découvert We Have Band il y a quelques années on aurait pas parié un ticket boisson sur la longévité de ce groupe, qui bien que très chouette semblait assez interchangeable avec ses contemporains. On est vraiment contents qu’ils nous aient donné tort et qu’ils arrivent avec un troisième album très abouti qui les rapproche de plus en plus d’une pop compliquée mais dansante à la Hot Chip. Sur scène, ils sont à fond et nous avec.

Foster the People : On attendait quelque chose entre Maroon Five et les Local Natives de la part de ce groupe qui achève la récupération totale des gimmicks de la pop indé (en tête : tambourins, harmonies vocales et inévitables chemises à carreaux) par la grosse machine mainstream. Nous pensions tout de même que, malgré l’envie de les frapper au visage qu’ils ont tendance à déclencher chez nous, les amerloques seraient efficaces sur scène. Et bien figurez vous que pas du tout. On a même cru à un moment que le chanteur faisait un malaise tant son regard était vitreux. Nous avons été heureusement rassurés sur sa santé par des remises en place de mèche régulières, de loin les moments les plus intenses de ce long concert. Foster the People a la caractéristique première des groupes mauvais (malgré une ou deux bonnes chansons) : ils ressemblent à plein de groupes, mais en beaucoup, beaucoup moins bien. A tout prendre, on aurait préféré Maroon Five.

Angus & Julia Stone : le groupe parfait pour une soirée calme dans son salon. En festival à 20h, c’est pas la musique la plus captivante qui soit, mais ils ont l’air tellement contents et mignons avec leur musique qu’il est quand même très difficile de leur en vouloir pour quoi que ce soit.

julia-angus

Vanessa Paradis : tout les ans, la case “chanteuse française inoffensive” tombe sur le créneau horaire idéal pour aller manger et pouvoir discuter des concerts précédents, et c’est très pratique. On a tendance à négliger les concerts pratiques, mais sans eux, quand est-ce qu’on pourrait boire des bières ?

Paul Weller : On  l’attendait au tournant, on avait peur du crooner mou, et heureusement l’ex-leader de The Jam ne nous a pas déçu. Du rock d’influence punk et mod avec deux trois détours jazzy pour la forme, ce qu’il fallait pour nous réveiller après beaucoup de concerts qu’on peut qualifier de “sympathique mais sans plus”. Un des très bons moments du festival.

Portishead : totalement déprimant, déshumanisant, anxiogène et effrayant, mais il n’y a vraiment qu’eux pour provoquer tout ça. Enfin non, le batteur avait un t-shirt Radiohead, et effectivement il y a comme qui dirait une petite filiation. Les longues lamentations industrielles et la beauté de cette musique cinématographique qui évoque des paysages désolés et la froideur du monde post-moderne donneront toujours des frissons.

Fauve : Merci bien, mais quand même non. Comme eux, on a eu envie de sortir les Kro’.

Gesaffelstein : Quand un mec a fait croire au monde entier qu’il suffit d’être un bon producteur pour être un bon compositeur. Transitions pourries, mix laborieux et répétitif et breaks pitoyables, mais bon il suffit de la posture “je suis dark à l’intérieur”, d’un trône en marbre et du volume sur 11 et personne n’y verra rien. En résumé : un concert pour jeune fille ou pour graphiste pseudo-arty qui assume mal ses penchants pour la house bas-de-gamme (ceci dit la moitié de l’équipe JNSPUF! présente ce soir là étant précisément une jeune fille graphiste pseudo-arty qui assume mal ses penchants pour la house bas-de-gamme, il serait hypocrite de sa part de dénigrer ce concert pendant lequel elle a beaucoup secoué ses bras en l’air.).

DIMANCHE

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Seasick Steve a été le très grand moment de ce festival. Le vieux de la vieille a retourné Beauregard comme une crêpe avec son blues rugueux. Imaginez un genre de Jack White de 70 ans, complétement décalqué en salopette et en marcel avec une casquette publicitaire d’une marque de tracteur. Nous ne saurions que trop vous recommander de jeter un coup d’oeil :

ICI

Yodelice : (aussi connu sous le nom de : “Le mec qui a du changer d’identité pour faire oublier qu’il est sorti avec Jennifer”) Un nom ridicule, une tenue incongrue et un univers sur-référencé ne sont pas toujours les symptômes d’un bon vieux manque de personnalité. Mais dans le cas présent, il est permis de se poser la question. (cf. Shakaponk)

agnes

Agnes Obel, c’était très joli, mais on a pas pu tellement s’investir dans l’écoute parce qu’on été un peu obligé d’aller reprendre une part de Seasick Steve dont la conférence de presse tombait à ce moment là. On y a appris qu’il a trois tracteurs, que sa guitare la plus chère coûte 120$, que son fils est né à Paris à l’époque où il “habitait” dans le jardin du Luxembourg et que quand il joue de la guitare avec John Paul Jones de Led Zeppelin et qu’ils finissent à genoux tous les deux, lui il a du mal à se relever. Beaucoup d’aventures, de vin rouge et de citations badass “Kids, they don’t give a shit about what you did in 1966, they wanna know : Do you rock or not?” dans le cas présent, la réponse est claire.

seasick2Breton : Même après War Room Stories, Breton n’est (peut-être) pas totalement perdu. Des faces B à gogo, des titres du premier album et une bonne grosse énergie pour un 4e (ou 5e) concert réussi de Breton. La patate les gars.

Damon Albarn : C’est probablement une des personnes qui a le plus marqué la musique anglaise des 20 dernières années, alors la grosse frustration c’est de le voir jouer si peu de temps. Oui bon, le mec ferait de la musique avec des pots de yaourts que ça serait toujours bien, donc balancer du Gorillaz là comme ça sans prévenir, voilà quoi. Damon a une présence et un charisme phénoménal et ses musiciens n’étaient pas en reste. On peut quand même déplorer un peu le fait que vraiment très peu de monde avait l’air de connaître cet Anglais totalement barge et qui mérite pourtant le respect éternel pour sa créativité, son ouverture et sa putain de voix de dingue. On s’emballe un peu mais vous auriez du nous voir dans les premiers rangs excités comme des ados, franchement là on prend sur nous.

John Butler Trio : vu le niveau technique de ce charmant hippie, ça pourrait facilement être un concert pour profs de guitare, mais non, le gars a la sagesse de balancer des bons gros tubes histoire que les mélodies restent bien casés dans la tête. Encore un super concert pour ce qui était définitivement la meilleure journée du festival.

On ne savait pas bien quoi attendre des Pixies, dont on connaissait il est vrai plutôt mal le répertoire (ouuh). Si les cris de Franck Black surprennent au prime abord, la bonne grosse claque qu’ils nous ont filé surpasse de loin nos attentes modérées. 1h30 de rock décharné, bruyant, et tout en contraste (parfois à la limite du burn-out, parfois calme et paisible comme du surf-rock radieux) mais toujours très mélodieux. Un mélange assez improbable qui nous a pourtant totalement scotché. C’était visiblement pas simple pour continuer la route après le départ de Kim Deal, l’ancienne bassiste, mais 20 ans après, les Pixies tiennent toujours le haut du pavé.