Is Egyptian Hip Hop Tropical Glass Animals ?

Entre maîtrise absolue de la production au détail près et laisser-aller étonnant, ‘Zaba’ est exactement ce qu’on attendait de Glass Animals, mais parvient malgré tout à surprendre.

Posé délicatement sur des instrus mi-r’n’b 90s, mi hip-hop décontracté, on est d’abord impressionné par la voix du chanteur, nasillarde et pourtant impressionnante de stature. A bien y réfléchir, elle rappellerait presque Hayden Thorpe, le génial chanteur de Wild Beasts (le liant et les vocalises du classique en moins).

Glass-Animals-ZABA

Le disque déroule, on se laisse prendre au piège.

Il faut dire que Glass Animals a une recette magique : des beats épurés au maximum pour laisser de l’air, de l’espace et de la place aux chorus qu’ils égrènent tout au long de l’album, et prendre habilement le temps d’empiler couche sur couche leur psychédélisme étonnant, à base de nappes aquatiques et de pads de synthé lustrés. C’est bien chouette tout ça, mais on en connait qui ont essayé, et ça ne fonctionne pas tout le temps (coucou Egyptian Hip Hop).

Il se trouve que sur ‘Zaba’, le sans-faute n’est pas très loin. On pourrait éventuellement pinailler sur Intruxx et Hazey qui restent peut-être un cran en dessous du reste de l’album, mais dans l’ensemble on aura du mal à trouver un titre qui ne ressemble pas de près ou de loin à une très bonne chanson.

Au-delà des bonnes chansons, ‘Zaba’ marque par son souci d’épure esthétique, par sa cohérence des influences, et par la variété des sources musicales puisées par Glass Animals pour accomplir ce premier album.

Aussi à l’aise sur la production de pépites r’n’b que sur le terrain du songwriting pop totalement britannique, les Anglais m’ont doublement conquis. Je rêvais depuis longtemps de cet album qui pourrait aussi bien servir de base pour un album de hip-hop (avec des featurings aussi chouette que celui de Jean Deaux sur l’EP précédent) que pour des reprises avec guitares-basse-batterie (notamment pour Pools, le titre le plus pop de l’album sans aucun doute).

Et encore au delà des bonnes chansons et de la production impeccable, Zaba est un de ces albums évidents sur le plan genre de doux rêve éveillé, avec deux trois trucs vaguement menaçants qui traînassent au loin. Un voyage initiatique et fantasmé dans un ailleurs exotique peu défini qui transparaît par touches discrètes (Walla Walla, indéniable réussite de l’album), où la drogue et la rêverie transfigure les menaces et les dangers.

Avec un goût prononcé pour le tropical, les références pile dans l’air du temps, les hits pop irrésistibles (Black Mambo, Gooey, JDNT, l’ensemble de l’album ou presque en fait) et ce qu’il faut de groove sensuel, Glass Animals a tout pour placer ‘Zaba’ tout en haut de la pile des albums à écouter cette année.

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