Les BeeGees de 2014 : Jungle ?

On est tout chafouin, mais il se trouve qu’on a par deux fois loupé Jungle en concert à l’Ubu pour tout un tas de mauvaises raisons. Quelques mois plus tard, ils balancent tranquillement leur premier album avec classe, décontraction et un swag (oui, un swag, c’est une chronique sans filet) maximum.

Après avoir gentiment envoyé dans la tronche les meilleurs tubes néo-soul de l’année 2013 (The Heat, Time, Platoon, Busy Earnin‘), c’est peu de dire qu’on attendait sacrément le reste pour juger de la capacité du duo londonien à tenir la distance.

Difficile d’être inquiets sur les tubes potentiels à trouver dans ce premier album. Après un bref coup d’oeil à la tracklist,  on sait déjà que ce premier album contient bien plus que de tubes qu’il n’en faut, faisant figurer en bonne place les morceaux sus-mentionnés. Mais on ne va pas mentir : ça donne un léger arrière-goût de recyclé. Pour avoir suivi l’histoire du duo depuis le début, la moitié de l’album nous est déjà familier. Ca change de Foals qui bazardait Hummer (leur seul tube de l’époque) de la tracklist d’Antidotes.

Pour ne pas non plus se foutre trop de la gueule du monde, les 6 morceaux restants avaient un peu intérêt d’apporter de la nouveauté, et des pistes sur l’univers de Jungle qui reste pour l’instant relativement restreint (voix haut perchées, synthés créatifs, basse qui groove et clips dansés-travaillés). Et on distingue effectivement quelques nouveautés : des claviers psychédéliques plus intrigants, un tempo qui ralentit et le choix de construire et travailler des ambiances en laissant du vide et du négatif pour laisser respirer les compositions. Ca fonctionne bien sur Smoking Pixels, un peu moins sur Accelerate. Malgré ces légers infléchissements, on ne pourra pas dire que le reste de l’album élargisse vraiment l’horizon qui reste bien délimité (Julia, morceau inédit, mais dans la droite lignée des singles précédents).

Pour autant, les 40 minutes que durent l’album sont loin d’être désagréables, et tout en ayant le cul entre deux chaises (tubes un peu trop formatés vs. ambiance intimiste parfois un peu molle), l’album de Jungle ne déçoit pas. Bien au contraire, on lui réserve une place de choix dans les playlists de l’été. Des bonnes (voire excellentes) chansons, l’univers évident et reconnaissable de Jungle, mais la surprise en moins. On regrette juste que ce premier album soit totalement conforme à ce qu’on attendait, Rien de plus.

7