Childhood, ados mais pas trop

En Septembre 2013, on vous parlait du premier album de Younghusband qui nous avait beaucoup plu avec ses inspirations très diverses: Deerhunter beaucoup, The Smith, The Stones Roses un peu. Rebelote cette année avec les tout aussi jeunes, tout aussi londoniens, tout aussi influençables mais très emballants Childhood. Sur le premier LP Lacuna, ils gardent une constante shoegaze associée à une voix trainante, bien mise en avant par des mélodies de guitares inspirées et une production assez lo-fi assurée par le très respecté Dan Carey (Franz Ferdinand, Tame Impala, TOY…)

Croisement assez intéressant entre la délicatesse de Real Estate et de la désinvolture de Mac Demarco, le premier titre Blue Velvet – qui n’a rien de Lynchéen – annonce un album assez prudent qui mise plus sur l’homogénéité que sur l’innovation. Childhood jongle avec un brio certain entre les genres: un refrain catchy à la Klaxons (Right Beneath Me), une association guitare/batterie qui rappelle The Drums (Pay for Cool), des choses plus lentes presque groovy (Tides), carrément shoegaze (Sweeter Preacher) voire langoureusement psychédéliques sur le beaucoup plus ambitieux et très bon dernier morceau When You Rise.

On retrouve un détachement assez châtié tout au long du disque, un son qui se cherche, parfois propret, parfois plus sale, toujours assez fais et immédiat dans la construction de leurs titres et leurs mélodies. Childhood possède un talent certain pour créer de très jolies balades et des refrains très efficaces (As I Am, Falls Away, Solemn Skies) aux services d’une innocence adolescente. NME, Pitchfork et le Guardian les aiment bien, on pense également et humblement que Childhood a de quoi représenter le futur de la pop indie anglaise.