Los Tones redorent le blase du psycho et du tropico

Les gars sortent de nulle part et on les voit scroller nos Facebook à fond. En 2014 t’en vois plus sur Facebook que chez ton disquaire c’est bien connu hein. Alors nous avons Los Tones, groupe visiblement latin (ok ils viennent d’Australie mais le dites pas à tout le monde) qui nous publie un nouveau disque : Psychotropic. Jusque là c’est mal engagé, je me méfie comme de la peste des noms de groupes ou de LP avec “psycho” et “tropic” dedans désormais, c’est comme ça et c’est pas si mal finalement. Par contre, l’avantage de Los Tones, c’est qu’ils contrebalancent tout ça d’un revers d’un main bien placé et imparable. Critique au fin fond des vestes bleachées et des Dano 12 cordes.

Non contents d’afficher une gouaille sans précédent, le quatuor laisse pas mal de traces derrière lui, comme si chaque instrument renvoyait à des influences différentes. UK d’un côté, Pérou de l’autre, les USA entre les deux, ils font mouche là où beaucoup se sont vautrés. La recette est assez finaude, et pourtant tellement déjà vue : voix à l’arrachée, légère réverbe assez sèche sur la guitare, basse qui vrombit et batterie qui tabasse. Ici et là, quelques menues notes de guitare pour agrandir le propos, rappeler qu’on est quand même des bambins du n’roll. Eux, ils commençaient sans doute à se tatouer au berceau, stache en fusion et cordes de guitare déjà pendouillantes au sol. Oui, le label Groovie Records leur était destiné.

Can’t Get Enough bastonne au corps sans laisser de répit – ils en ont d’ailleurs fait un joli clip qu’on vous file en dessous, Cry est quand même cool et d’autres titres dézinguent l’espace, à l’instar de Waste of Space qui se pose en mine antipersonnelle. Ordinary Man fait suite dans un registre plus sapinesque (en référence au groupe et non à notre grandiose ministre), et nous devrions peut-être penser à leur laisser un peu nos finances en main.

Vache, 2014 m’aura vraiment bien servi. Beaucoup de bonnes sorties dans ce vaste monde du garage et consorts. Mais depuis la rentrée, on doit admettre que c’est Los Tones (et aussi Volage, oui) qui nous compriment les dents sur le guidon.