Merci d’avoir choisi Flight Facilities

On nous a présenté Down to Earth, le premier album de Flight Facilities comme le pendant “australien de Disclosure”. Evidemment les points de comparaison sont nombreux : un duo qui pratique la house contemplative avec un sens évident de la production, et un intérêt pour les passerelles mainstream-indé.

Mais surtout, sur l’excellente chronique de Settle, le premier album de Disclosure, Larry Fitzmaurice, sieur rédacteur de Pitchfork vantait l’ouverture culturelle du disque en mettant en avant son nombre impressionnant de featurings. Et c’est bien le même genre de compliment qu’on serait tenté de faire pour Down to Earth, qui fait aussi étalage d’un bon nombre de connexions musicales australiennes et d’une sérieuse et solide ouverture à des genres musicaux variés, bien loin de l’aspect lisse et minimal des premiers singles. Connaissant leurs mix de qualité, on est pas trop surpris.

Des connexions musicales nombreuses donc. Oui, on pourrait même dire que ça ressemble carrément à une carte postale musicale de l’Australie (si je vous dis Australie en musique vous dites ? Micky Green & Kylie Minogue ? oui, bah voilà elles y sont). Mais si Disclosure lorgnait in fine surtout vers le UK garage et la house aseptisée en intégrant à leur style les nombreux featurings, Flight Facilities profite plus de ces collaborations pour ouvrir son univers vers l’extérieur. Au trip-hop, à l’ambient, au hip-hop, à la funk, et à la pop, bien sûr. Le tout avec de francs succès et aussi quelques travers agaçants.

On va pas mentir : les deux gus semblent quand même avoir un gros, gros intérêt pour tout ce qui compte de petits plaisirs coupables et l’homme indé que je suis (et que vous êtes peut-être aussi) pourra difficilement passer outre les tics un peu énervants à base de voix kitschissimes (Why do you Feel, r’n’b quand même moyen ma tasse de thé) et univers qui sentent un peu le réchauffé : trip général “voyage en avion” bon OK, deephouse façon Joris Delacroix, et bien sur l’inénarrable saxophone réhabilité essentiellement par Bakermat. Sans vouloir faire la mauvaise langue, ça sent un peu la récupération pour des pubs de luxe et autres voyages Air France.

[Minute chipotage off] Mais malgré tout, on ne pourra pas dire que cet album manque de titres qui se démarquent : Crave You, single évident déjà entendu et ré-entendu, Clair de Lune, bien évidemment, mais aussi les très délicates Two Bodies (feat. Emma Louise), Stand Still (feat. Micky Green) ou même Waking Bliss et son sample spatial qui fait toujours son petit effet. On se surprend même à penser à John Talabot pour le travail sur les boites à rythme et les effets habilement utilisés à l’écoute de Merimbula (en moins sombre et vicié malgré tout), c’est dire.

Il y a clairement beaucoup de choses à découvrir dans ce disque qu’on aurait tort de juger un peu vite. Flight Facilities excelle dans l’art de proposer des écrins musicaux de qualité pour des featurings divers, et à défaut de devenir les Disclosure australiens, on pensera surtout à du Qualité Motel en plus sérieux.

6/10