#11 – De retour des Trans

C’est pas franchement un secret, depuis qu’on a choisi des cotons-tiges comme moyen de noter nos albums, on a un petit rapport ambigu à la notation sur JNSPUF. Côté scolaire, fausse bonne idée, impartialité toujours critiquable, et en même temps utilité de clarifier le propos parfois : tout en étant pas forcément d’accord, on garde quand même l’esprit chiffré quand bon nous semble.

Pour les Transmusicales de cette année, on a d’abord été tenté par une appréciation purement personnelle, puis en se rendant compte que la grande majorité des concerts avaient été soit bien, soit très bien, on a finalement opté pour une autre échelle : l’échelle Transmusicales.

Sur les quelques concerts vu pendant le week-end (comme d’hab, on est tristes d’en avoir loupé autant et en même temps parfois c’est bien aussi de dormir un peu), on a tenté d’appliquer une grille de 1 à 5 qui va de “c’est pas Transmusicales comme concert” à “c’est très Transmusicales comme concert”. Parfois ça se recoupe avec les concerts qu’on a bien aimé, parfois non.

5/5 : Le concert très, mais alors “très Transmusicales”

Vaudou Game

Comme toutes les années, on tombe nécessairement sur un concert qu’on avait pas spécialement prévu de voir. Le style n’est pas non plus ultra-conforme à ce qu’on a l’habitude d’écouter. Et pourtant (bien souvent), il se trouve que c’est le genre de concert qui finit par nous marquer bien plus que les autres, car quoi de mieux qu’une bonne surprise ? Un truc où tu ne t’attends à rien de spécial et qui finit par te plaire (presque) plus que tout le reste ? Bref, c’était Vaudou Game, du funk vaudou featuring la star du funk togolais Roger Damawuzan (le “James Brown togolais”, et effectivement il y a de ça), une sacré performance, des choré à mi-chemin entre rites vaudous et déhanchements funks. C’était bien cool et ça donne envie d’écouter plus de funk et psyché togolais (disponible sur Youtube of course).

Too Many Zooz

Stars sur Youtube, les New-Yorkais ont su d’emblée mettre l’ambiance “Transmusicales” dès l’arrivée en gare, et rien que pour ça, double pouce. Leur brass band à la fois dansant et expérimental fait d’eux un vrai bon groupe et un vrai bon concert des Transmusicales dont on se rappellera.

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4/5 : Les concerts quand même vraiment Transmusicales

Lizzo

Dans un genre totalement différent, Lizzo, qu’on attendait pas spécialement, qui ne nous faisait pas non plus spécialement envie (la description parlait de Missy Elliott et de r’n’b, autant dire que ça ne me faisait ni chaud ni froid) et qui nous également totalement convaincu. Il faut bien admettre qu’on a été totalement bluffé par la présence scénique du duo qui balancent beats trap et hip-hop pour rapper, scander et chanter des tubes fous et entraîner tout le public derrière elles. Et puis bon, le côté vrai show à l’américaine avec selfie, concours pour gagner un T-shirt et twerk WTF faisait sans doute partie du package de pourquoi ça a mis l’ambiance donc on dira rien.

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3/5 : Les concerts assez Transmusicales

DBFC

De l’avis de beaucoup de gens respectables et respectés : c’était super cool pour un 2e concert. Vraie machine à tubes (Leave My Room, parfaite conclusion), dansantes comme jamais, le DJ set qui a suivi en a profité pour caler un petit LCD Soundsystem vite fait. Tout est dit.

Rone

Ca va commencer à devenir une habitude, mais cette année c’est Rone qui a rendu le Hall 9 complet. Et quand on voit l’ampleur et la puissance de son set, on se dit que c’est un peu normal. Concert assez Transmusicales, car totalement dans son rôle de tête d’affiche à la fois accessible et rassembleuse. Mais bon, on l’a déjà croisé à plusieurs reprises à d’autres endroits (3 Elephants, Nordik Impact) et on espère le recroiser très vite, une fois qu’on se sera familiarisé avec son nouvel album qui a l’air vraiment chouette. Parce que là, on va pas mentir, on était quand même très contents de réentendre des versions ré-imaginées de Bye Bye Macadam, So So So et Parade.

The Ringo Jets

Classique, basique, efficace ? Oui et non. On attendait un rock un poil policé et surjouant des codes entendus et ré-entendus, et on a été quand même agréablement surpris de voir que la formule variait sensiblement d’un titre à l’autre, avec harmonies et rythmes intéressants. Seule l’énergie live et brute du trio reste la même chanson après chanson. Ces gens veulent en découdre et ça fait toujours plaisir.

2/5 : Les concerts pas très Transmusicales

Money For Rope

On est un peu embêtés avec Money For Rope. Objectivement, c’était surpuissant, musicalement c’était au top (surf-garage-rock à la cool) et en live, les mecs sont au moins à 2 000% (et dès la première note, hein). Mais il y avait quand même un sacré décalage entre le bordel qui se passait sur scène et le public qui réagissait pas franchement des masses (pogo : zéro, un slam timide). Le chanteur donne l’impression d’être enfermé dans une cage avec les autres musiciens autour de lui, il s’énerve comme jamais, casse des trucs, se fout torse nu, boit des bières pendant très longtemps, et au final, on a un peu envie de dire : tout ça pour ça ?

Compact Disk Dummies

Dans le même genre, il en est allé autrement de Compact Disk Dummies, qui malgré l’horaire bien tardif, a su clairement mettre l’ambiance dans le petit hall 3. Electro qui tabasse à forte réminiscence de Crystal Castles en plus retro, le duo belge sait clairement y faire. Pour bien faire, il aurait fallu bouger la tête de gauche à droite ET d’avant en arrière, mais bon c’était pas évident. Du coup, un pogo à la place ça le fait.

Thylacine

Attendu nécessairement avec impatience car étant programmé en tout dernier pour clôturer le vendredi, Thylacine n’a pas déçu. Armé de son saxophone et de ses MPC, l’Angevin crée d’une main de maître son electro à lui, onirique et apaisée, mais dansante malgré tout. Multi-référencée, la musique de Thylacine suit celle de Rone de très, très près. En plus jazz que hip-hop, peut-être.

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1/5 : Les concerts vraiment pas Transmusicales (mais c’est parce qu’on râle)

Alphaat & Dollkraut

Cette année, on a un peu boudé la Green Room et son arène qui nous donnait l’impression d’être des mouches qui viennent se coller sur un énorme pot de confiture. Bon, des mouches qui avaient le droit à des sacrées doses d’illégalité. Du coup, on a pas trop pu apprécier Alphaat, qui avait l’air de faire de la techno/house simple mais plutôt chouette et efficace, ni même Dollkraut, du très chouette label Permanent Vacation.

The Avener

On va être honnête, on a pas vu grand chose du set de The Avener. Mais les quelques morceaux entendus laissent entrevoir une techno un peu aseptisée et une “reprise” du thème de Seven Nation Army avec un bon gros synthé trance dégueulasse, et ça, on dit non.

Et comme d’hab pour les malchanceux, plein de concerts à voir et revoir sur Arte Live Web ou Culture Box. La joie de l’Internet.

(Crédits photos : Nico M & Dominique Vrignaud)