#17 – Les concerts de l’année

Cassius

Todd Terje @ La Route du Rock Eté – Saint-Malo

On avait imaginé beaucoup de choses pour ce concert du maître norvégien du néo-disco, mais on était loin d’imaginer ce qui s’est produit : un mec banal qui arrive façon technicien son, qui pose doucement ses mains sur un clavier banal et qui envoie tout ce qu’il faut de son premier album pour faire danser St Père Marc en Poulet jusqu’au bout du bout. Dernier concert du festival, sans doute le plus attendu, et moment totalement incroyable livré par un mec tranquille mais concentré qui ne s’embarrasse pas de jeu de scène, de visuels ou de décors. Il fait ce qu’il sait faire, et dans le style, c’est parfait. Cet homme est génial.

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The Notwist @ Pitchfork Music Festival – Paris

Quelques semaines plus tard, on se remémore avec émotion ce concert totalement fou des Berlinois qui savent définitivement jouer avec les sens et les émotions tout en ayant l’air de jouer simplement la musique qui leur vient en tête. En ça, on penserait presque à Radiohead, car The Notwist lutte visiblement pour accoucher de ses démons, mais arrive pourtant à transmettre la clé de cet univers mi-inquiétant, mi-fascinant à son public. Introverti et extraverti, les Berlinois ont livré un concert plein de paradoxes et de contrastes dont on garde malgré tout un souvenir très précis : c’était une bonne grosse claque en règle qui nous restera.

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Notwist1

Greenwood

Caribou @ Melkweg – Amsterdam

On avait vu l’animal à La Route du Rock mais le format festival ne lui avait pas fait honneur. À Amsterdam, il enchaîne les temps forts et les moments contemplatifs avec malice. Jamelia, Back Home, Odessa, Your Love Will Set You Free et Can’t Do Without You font danser de la fosse aux balcons. Caribou, c’est avant tout un groupe en live, qui sait se passer de son leader sur le clou du spectacle Sun. Lorsque le leader s’écarte quelques minutes, il esquisse une danse un peu timide, le sourire aux lèvres en regardant son groupe couvrir ses boucles sous leurs instruments. On peut désormais juger du bonheur visible de Daniel Snaith, heureux d’enfin connaitre plus qu’un succès d’estime.

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Pet Shop Boys @ SOS48 Festival – Murcia 

Oui on ose. Certains “vieux” groupes ont mal vieilli. D’autre ont mal vieilli… mais alors l’assument de A à Z. Devant un parterre de spectateurs de tous les ages, les Anglais déversent tubes sur tubes et transforment le festival espagnol en gigantesque discothèque sortie tout droit des années 1980 au son de Go West, Domino Dancing, Western Girls, It’s a Sin, Suburbia… Le plus impressionnant, c’est peut-être la mise en scène de ce show total : danseuses à têtes de taureaux, accessoires délirants, multiples écrans et effets lumineux impressionnants. Au milieu de cet énorme cirque, Neil Tennant – et sa voix reconnaissable entre mille – qui bouge comme jamais et Chris Lowe de marbre sur son synthétiseur depuis 30 ans. Et puis un surprenant dernier titre Vocal, paru en 2013 qui prouve que les deux drôles d’oiseaux savent toujours composer des grosses machines à danser.