#2 – Les métamophoses de l’année – côté raté : The Drums

Deux êtres vous manquent et tout part de travers 

Le point de départ – Une valeur sûre un peu sous-estimée:

On a toujours beaucoup aimé The Drums. Des gars de Brooklyn qui sentent l’Angleterre et le surf, c’était original. Plus qu’un petit groupe sympa, ils avaient réussi une belle synthèse, originale, imprégnée des Smiths. Une rencontre entre batterie et basse new wave d’un côté et guitare surf pop de l’autre. Cette nonchalance, cette candeur adolescente un peu passée mais au final intemporelle – puisqu’on se plaisait à réécouter régulièrement leurs deux premiers albums The Drums et Portamento. Deux disques homogènes, remplies de pépites pop à souhait, où rien n’était à jeter. The Drums avaient inventé quelque chose de nouveau, d’intéressant. Et même si leurs deux premiers efforts étaient au final assez similaires, ils étaient aussi égaux en qualité. Pourquoi changer quand la recette marche à merveille? Songwriting de qualité, joliesse des couplets, capacité rare à enfiler les refrains entêtants comme des perles. Ils n’étaient jamais prétentieux, toujours légers mais excellaient dans la légèreté. Bref, on aimait beaucoup beaucoup The Drums.

Le facteur X – Une semi implosion
Et puis (comme on le voit clairement sur la pochette de leur troisième album Encyclopedia) deux membres ont quitté la planche de surf. Trois années un peu troubles ont suivis la parution de Portamento où le groupe a failli imploser plusieurs fois avant de casser pour de bon. De quatuor, le groupe est devenu un duo chanteur-guitariste – en perdant son batteur dans la bataille et le son caractéristique de sa batterie avec. Cette volonté d’indépendance à tout courant clairement défini, ils l’ont gardé assurément. Encyclopedia ne ressemble à pas grand chose. Renouvellement oui. Expérimentation oui. Métamorphose réussie, non.

Le résultat – Un renouvellement raté
Encyclopedia bien loin de sonner intemporel ou passé, sonne plutôt passéiste. L’aigre-doux des premiers album a maintenant un arrière goût de rock un peu fadasse du début des années 2000. Ce n’est pas foncièrement raté, c’est juste un bric-à-brac pas très cohérent. À l’image du premier single Magic Mountain, les américains n’hésitent à sombrer dans le tapageur, l’astringent très rock. Des sonorités électroniques pas très originales, un peu kitsch, viennent remplacer la batterie de métronome qu’on aimait tant. La lumière a laissé place à une obscurité facile, à la mode. La formule “c’est sombre alors c’est bien” ne marche vraiment pas avec The Drums. Tout n’est pas à jeter bien sûr et les ombres chatoyantes de leur passé ensoleillé ne sont pas très loin sur Kiss Me ou Deep in my Heart. Les mélodies sont souvent justes mais ils ont égaré leur son, jusqu’à en tomber parfois dans une soupe tiédasse de mauvais goût, lyriquement moche sur les deux derniers morceaux There is Nothing Left (en effet!) et Wild Geese. Les habitudes ont la vie dure, finalement cette année, on aura écouté plus souvent les deux premiers albums du groupe que leur nouvel opus. Dur dur la vie de couple.