#8 – A Winged Victory for the Sullen

Coup sur coup, retour sur deux disques dont on a pas parlé cette année pour des bonnes raisons.

#1 : A Winged Victory for the Sullen.

Le point de départ – Un groupe totalement inconnu au bataillon dans un genre musical encore plus inconnu au bataillon

A Winged Victory for the Sullen, c’est un duo constitué de deux mecs plutôt sérieux et crédibles dans le genre de l’ambient. Dustin O’Halloran a travaillé pour la BO de « Marie-Antoinette » de Sofia Coppola, auteur de nombreux enregistrements de classique contemporain pour piano, et Adam Wiltzie a été musicien pour Sparklehorse et a également participé à divers groupes apparemment culte dans la scène ambient. Ca vaut ce que ça vaut, mais moi, ça m’a donné envie d’écouter Atomos, leur deuxième album.

Mais pourquoi donc ne pas en avoir parlé plus tôt ? – Un disque qui prend du temps (et nécessite d’être un peu maso si ce n’est pas votre tasse de thé à la base)

A quelques semaines de la fin de l’année, j’étais pas certain de pouvoir y faire figurer ce disque quelque part dans “la musique qu’on a écouté en 2014”. Car honnêtement, la première écoute d’Atomos a été une petite expérience en elle-même. C’était presque un effort que de résister à la tentation de faire avance rapide désespérement jusqu’à trouver une partie digne “d’intérêt”. Il faut bien dire qu’écouter un album entier sans rythme, pulsation, break, rupture, c’était pas gagné d’avance. Après m’être fait la reflexion que je devais avoir un sacré trouble de l’attention, j’ai ré-écouté encore et encore l’album dans diverses situations qui s’y prêtaient sans doute mieux que juste moi posé devant mon ordinateur (poésie de l’image = zéro) et miracle : de ce que je croyais n’être qu’un néant musical un peu chiant a émergé des ambiances, des évolutions musicales, des motifs obsédants.

Le résultat – Mon ovni musical de l’année

Au final, et j’en ai été le premier surpris, il y a forcément une occasion d’écouter et d’apprécier A Winged Victory for the Sullen. Métro, vélo, boulot, dodo, chaque petit moment du quotidien devient une vraie quête intérieure et épique avec Atomos en guise de B.O. En apportant tristesse nostalgique, spleen léger, et surtout pause bienvenue et reposante, ce disque a fini par me convaincre. Et je dois avouer que j’aime bien les groupes capables de susciter mon intérêt pour un style qui m’est a priori totalement hermétique (bon j’aime bien Philipp Glass, ça a du jouer). Du beau piano, du beau violoncelle, des boucles d’effets tournoyants, peu ou pas de rythme, et pourtant des titres fascinants, entre bruitisme, musique classique, et shoegaze décharné. Mes préférés : Atomos I, Atomos VI et Atomos VIII. C’est clairement pas un album pour tout le monde, mais honnêtement, ça mérite de tenter le coup (et de persévérer un peu).