#9 – Archie Bronson Outfit

Coup sur coup, retour sur deux disques dont on a pas parlé cette année pour des bonnes raisons (2/2).

#2 : Archie Bronson Outfit

Le point de départ – Le premier groupe vu en festival de toute ma vie

Archie Bronson Outfit sont trois, sont barbus et viennent de Londres. Leur premier album est sorti en 2004 (comme Franz Ferdinand), ils sont maintenant signés chez Domino (comme Franz Ferdinand) et semblent mal barrés pour percer un jour sur les grandes scènes de festival (pas comme Franz Ferdinand).

Pour moi, Archie Bronson Outfit c’est forcément le groupe de la nostalgie, puisqu’ils ne sont ni plus ni moins que le tout premier groupe vu en festival (Rock dans tous ses états 2006, ouais ouais). Je ne me rappelle d’ailleurs pas grand chose de ce concert mis à part que le son me paraissait démesurément fort et que le batteur avait une tête et une attitude de fou furieux. (Un examen approfondi a révélé par la suite que ces deux assertions étaient tout à fait exactes). Du blues cradingue de l’époque Derdang Derdang et Fur dont je me rappelle très vaguement, leur son s’est diversifié, amplifié, et développé sur Coconut paru en 2010. Le tout pour donner naissance à une musique rock et hybride, ni trop pop, ni trop expérimentale, juste à la frontière de beaucoup de genres et beaucoup de sentiments.

Mais pourquoi donc ne pas en avoir parlé plus tôt ?

Tout simplement parce que sans un regain d’intérêt pour ce groupe (et son excellentissime album précédent Coconut qui passe régulièrement en boucle), je serais totalement passé à côté de leur dernier album sorti cette année, Wild Crush. (Et il aurait été dommage de passer à côté d’une pochette aussi… enfin plutôt… bref, vous voyez quoi.) Aucune promo, personne pour me dire “ah tiens, t’as écouté le dernier Archie Bronson Outfit ?”, et même Pitchfork n’a pas daigné écrire une chronique de l’album. La loose intégrale pour ces mecs définitivement abonnés au rock de seconds couteaux.

Le résultat – Et un autre album qu’on écoute trop tard pour la fin d’année, un !

C’est sans doute par intérêt pour le mythe du beautiful loser, mais ça m’a donné envie d’écouter Wild Crush tout ça. Tardivement certes, mais quand même. Et on ne peut qu’être heureux de retrouver l’atmosphère distinctive du trio-devenu-duo, associant un côté brut et sauvage tout en divaguant en beats tordus et synthétiseurs qui rendent fous.

Le chant mal assuré et pourtant diablement chargé émotionnellemnt de Sam Windett est toujours présent, et constitue toujours une vraie force du groupe. On décèle un aspect quasi-country sur le single de l’album We Are Floating, et les quelques titres écoutés retiennent l’attention en alliant leur force et leur nervosité à des digressions paradoxales et relativement barrées (chouette intro quasi-krautrock Two Doves on a Lake, amusante Love to Pin You Down). Du blues primaire, du garage psyché, du saxophone, des synthés, et un soupçon de complexité arty.

On est jamais sur de tout bien comprendre à Archie Bronson Outfit, et ça en fait surtout un groupe passionnant à découvrir et redécouvrir.