FFS – King(s) of the Song

On se souvient de l’annonce de l’album Franz Ferdinand + Sparks, les premiers titres donnaient une impression d’hybridation parfaite. L’album est paru, il change légèrement la donne. Si on reconnait aisément les marques de Franz Ferdinand (à défaut, étant ceux dont on connaît le mieux l’univers), il est évident que l’ensemble est sous influence Sparks à au moins 80%. Bon, on va pas s’en plaindre non plus.

La tonalité générale de l’album est donc glam-rock, avec des jeux de mots trop subtils, des questions louches sur la sexualité et de sacrés bizarreries musicales. A défaut de montrer un équilibre parfait entre le rock nerveux, et la folie du glam, l’album donne à entendre la fluidité de Franz Ferdinand, aux guitares et chants distinctifs, et pourtant capable de se fondre dans un projet complètement fou avec une grande discrétion. Les Sparks en charge d’une fusion rock-disco-classique, Franz Ferdinand dociles et respectueux de leurs aînés, voilà qui semble pour le mieux dans le meilleur album du moment.

Niveau sonorités, les synthés kitschs ont bien sûr toute leur place, ainsi que des batteries chevauchant l’horizon (les paillettes en cadeau), et des harmonies très drama 70s. L’une de plus belles réussites étant l’excellente Call Girl, et son refrain qui, après avoir pris une location pendant plusieurs semaines dans ma tête, en vient à réfléchir sérieusement d’acheter mon cerveau, quitte à rester là pendant quelques temps. Tube de l’été ? Oui, sans aucun doute.

Et si les géniales Collaborations Don’t Work, Piss Off et Johnny Delusional sont bien sûr présentes, les autres titres marquants (Save me From Myself, Dictator’s Son, The Man Without a Tan, Things I Won’t Get) font de FFS un bon album de glam-rock, avec en filigrane l’idée intéressante d’une transmission de la pop (sur King of the Song notamment) des aînés aux nouveaux. Une amusante mise en abyme pour un album qui associe deux groupes cultes, mais aussi deux groupes de pop, chacun à sa manière, chacun à son époque.

Tout ça donnerait presque envie de ré-écouter les Sparks. Mais on a quand même l’impression que cette collaboration, avec son univers retro, ses refrains inspirés, et sa jeunesse retrouvée, c’était quand même l’une des meilleures idées qu’ils aient eu. Donc non, on va peut-être juste se ré-écouter FFS.