Rock Kitchen

Alors que je m’aventure en terres hostiles, du côté du hip-hop, des gens qui portent des sweats à capuche et font des gestes bizarres avec leurs mains (pas une ligne d’écrite et déjà pleins de clichés, c’est cadeau), une coïncidence amusante sous forme de livre en tête de gondole dans une librairie me fait paradoxalement revenir là où toute la musique intéressante a commencé pour moi : Franz Ferdinand.

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Oui, c’est pas une grosse surprise, ils ont sorti leur album avec les Sparks (on en a déjà parlé ici d’ailleurs, mais on vous en reparlera bientôt). Mais, aujourd’hui, je souhaitais parler de La Tournée des Grands Ducs, le livre qui rassemble les écrits culinaires de son leader et guitariste chanteur Alexander Kapranos, et paru seulement il y a deux mois en français. Contacté par le Guardian avant de partir en tournée avec ses lads il y a déjà une petite dizaine d’années, ce charmant monsieur se voit confier une mission simple, et efficace : écrire sur ses expériences culinaires autour du monde.

Autant quand Franz Ferdinand sort une nouvelle chanson, on peut savoir que ça nous fera bouger la tête de gauche à droite, ou d’avant en arrière (et parfois les deux), autant sur un projet comme ça, je ne savais pas tellement à quoi m’attendre. Le côté dandy de Franz Ferdinand fait qu’on imagine un truc très luxueux et un peu pompeux, rassurez vous, très peu de tout ça. Au final c’est avant tout un comis de cuisine écossais qui nous parle. Pas qu’Alex Kapranos ne soit pas extrêmement précis, poétique et imagé quand il parle de nourriture, mais disons que les textes sont plus “bruts de décoffrage” que ce qu’on avait pu imaginer. Et le tour du monde des saveurs qu’il nous propose, bien loin du 4 Etoile World Tour. Bizarre, délicieux, affreux, traumatisant, enthousiasmant, tout y passe, et rien n’arrête notre gréco-britannique dans ses dégustations (à part l’oursin, le seul aliment proprement intolérable, foi de Kapranos).

On y apprend pêle-mêle, et entre autres, qu’Alex Kapranos a la phobie des objets collants, que Nick est complètement à l’ouest 95% de son temps quand il mange (pas une grosse surprise), et que le fenouil servait à masquer le goût des mauvais aliments au siècle dernier en Italie.

Et bien sur, une bonne liste d’adresses à travers le monde, qui n’ont pas encore toutes fermées depuis. Rapide à lire sous forme de mini-chroniques, La Tournée des Grands Ducs apporte une vraie ambition d’aventurier dans un livre de cuisine, ainsi que de brefs éclairages sur la vie d’un groupe (lambda à l’époque, d’autant plus intéressant) en tournée. Avec en trame de fond, une ambiance mi-glaswégienne, mi-grecque. Autant de raisons de se plonger rapidement dedans.