Ratatat – On prend les même, et on recommence ?

Ratatat n’a jamais été super doués en nom d’album, donc après les très inspirés Ratatat, Classics, LP3 et LP4, voici… Magnifique.

D’abord croisement hip-hop et guitare électrique, le duo de producteurs Ratatat avait ébauché une ouverture progressive aux musiques du monde dans un vaste foutoir cosmopolite assez jouissif sur LP3 et LP4. Après quelques écoutes, on peut dire que Magnifique est clairement un cran moins aventureux de ce point de vue.

Mieux produit que les premiers albums, et moins hip-hop, Magnifique est conforme à Ratatat et pas tellement plus que ça, et on peut un peu le regretter. Mais si comme moi, vous écoutez essentiellement Ratatat pour y picorer des tubes plus que pour écouter des albums d’une grande cohérence de A à Z, alors Magnifique se laisse apprécier. Comme souvent sur leurs albums, il y a du bon, du moins bon, et une poignée de chansons mémorables. La plus évidente est bien sûr Cream on Chrome, titre le plus simplement enregistré en quelques heures (de l’aveu du duo), et clairement dans la veine de Ratatat : mélodies ultra groovy et efficaces, avec un soupçon de nouveauté (ce tournant funky dans l’air du temps, cf. Annie de Neon Indian sorti au même moment).

Au delà de ce single évident, quoi d’autres ? Les autres singles déjà, comme Nightclub Amnesia qui transmute guitares et synthés pour en faire un titre dance en deux parties qui fonctionne bien, (voire très bien, soyons fous), ou Abrasive, qui ajoute couche pop sur couche pop pour en faire un vrai tube… pop. En même temps, qui est capable de résister à cette progression d’accords majeurs alors que l’été est déjà bien entamé ?

Pêle-mêle, on apprécie également Countach qui renoue avec les amours hip-hop du duo, Pricks of Brightness qui garde la veine d’Abrasive en plus débridé (je tire la sonnette d’alarme néanmoins : à tirer sur les guitares et les harmonies, ça va finir à ressembler à du clavecin leur histoire), et Cold Fingers, pour son riff et son solo tout bordélique, mais fort à propos.

Trois singles au top, plus une poignée de chansons intéressantes, est-ce assez pour en faire un vrai bon album ? Les ballades ne sont clairement pas les meilleures du groupe, et les quelques nouvelles pistes ébauchées ne peuvent pas franchement justifier les titres plus faibles. Ils ne tentent pas franchement grand chose, mais ont du coup un peu le cul entre deux chaises entre le Ratatat des débuts et l’expérience acquise à triturer synthés et guitares qui fait que même les titres qui se rapprochent de Classics sonnent forcément “différemment” (un mot poli pour ne pas dire “fade”). Celles et ceux qui écoutent les albums de Ratatat d’un bout à l’autre seront nécessairement un peu déçus. Mais avec Cream on Chrome, Abrasive, Nightclub Amnesia et Countach à rajouter au best-of des New-Yorkais, cela mérite bien un peu de sympathie pour Magnifique. Je serais bien incapable de citer autant de bonnes chansons de LP4, d’ailleurs.