Hong Kong / Dreamy Vacation

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Encore une nouvelle rubrique pour 2014! Le plus souvent possible, on invitera un auteur étranger pour nous parler d’un artiste de son pays et découvrir quelque chose d’inédit et d’intriguant on l’espère. Plus que jamais, on s’apprête à conquérir le monde. Pour ceux qui n’écoutaient pas à l’école, traduction en français à la fin. Aujourd’hui Cherie nous parle de Rainbow Chan.

 

The cover of Rainbow Chan’s first EP, Long Vacation, looks like the kind of old CDs you will find in one of the corner stalls in a second-hand market in Hong Kong. Maybe this is exactly the impression she wants to give – a non-European, or, non-westernized album. The truth is that this Sydney-based young producers/ vocalist successfully incorporates both electronic and folk elements, both Western and Chinese melodies in her debut, at the same time exemplifying her remarkably dreamy, playful style.

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The soundtracks are not pure acoustics or instrumental, and Chan’s voice has played an important part to give the vibes. The vocal is added in the appropriate moment and proportion, so the focus would not be completely drawn to the voice and you don’t get bored of her interrupting the music too much. Chan is not only a great admirer of Björk, but also of classical music such as Chopin. She masters several kinds of instruments such as saxophone and piano, and with her family affiliation in Hong Kong, she has been exposed to Chinese folk music or 60’s, 70’s Canton-pop. Her memories of wandering around Hong Kong streets and listening to Cantonese conversation gave her inspiration. Fool’s Gold is a bit like an “electronized” version of 70’s music in Hong Kong, and her voice sounds a bit nostalgic in the soundtrack.

The whole album is generally filled with light and easy beats, nothing heavy, nothing too fast and too slow. In a Foreign Tongue gives a darker, more mysterious atmosphere compared to other soundtracks. It has a thoughtful, hesitant melody, but not necessarily a depressed one. It feels like walking into a misty foggy forest, looking for a way out but at the same time you enjoy being absorbed in the haze. This dreamy atmosphere reminds you of another Australian producer, also a good fellow of Chan, Oliver Tank. In Milk you see that Chan is trying to give a different vocal style, it’s more like a monologue than singing. The percussion used here is very beautiful and significant. However, the shouting in the end of the song is a bit awkward and destroyed the coherence of the relaxed atmosphere. One side note, The Long Vacation Remix EP will be released on 18 February. Chan has already shared a remix of Milk by Australian producer Cassius Select.

I first noticed Rainbow Chan not through her single or EP, but her feature in “Schoenbery” by the Australian group The Townhouses. There her voice beautifully merges with the minimal electronic background. I still think that this is her best vocal by far, it’s just that the music is not produced by her, but I think that kind of confusing thoughtful atmosphere suits her voice the most.

 

If you like Twin Sister and CocoRosie, but want something light and cheerful, give Rainbow Chan a try. She is definitely less experimental compared to the two groups, but with her unique voice and influence from Chinese and Hong Kong folksongs, it is expected that she would produce more fusion electronic music, with bits of oriental and Chinese ingredients, which would potentially make her music unique and original.

 

L’auteure du jour : Cherie, born and raised in Hong Kong. Does not have a clue about different music genres, instruments or history of music culture, because Hong Kong education does not teach her these. When she likes the music, she likes it. But generally people tell her that the kind of music she likes is called electronic, or alternative, or instrumental, or minimalist (Or maybe soul too !).


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La pochette de Long Vacation, le premier EP de Rainbow Chan, ressemble à ces vieux CDs qu’on trouve souvent sur les étales des marchés de Hong Kong. C’est sans doute l’impression qu’elle voulait donner – un album ni européen ni occidental. Avec ce premier EP, cette jeune chanteuse/productrice basée à Sydney mixe avec succès inspirations électroniques et folk, mélodies occidentales et chinoises dans un style rêveur et espiègle.

Les titres ne sont pas totalement acoustiques ou instrumentaux et la voix de Chan prend une place très importante dans le rendu final de l’atmosphère. Les parties chantées se rajoutent harmonieusement et avec parcimonie afin de ne pas monopoliser l’attention et briser les mélodies. Chan est une grande fan de Björk mais aussi de Chopin et de musique classique en générale. Originaire de Hong Kong, cette multi-instrumentiste (elle joue notamment du piano et du saxophone) a été marquée  par la folk chinoise et la Canton-pop des années 1960-70. La langue cantonaise et ses souvenirs de balades dans les rues de Hong Kong ont profondément inspiré sa musique. Fool’s Good, où sa voix se pause avec mélancolie, ressemble ainsi à une version électronique de la musique hongkongaise des années 1970 .

Tout l’album est parcouru de beats faciles et légers, ni rapides, ni trop lents. L’atmosphère se fait plus sombre et mystérieuse sur In a Foreign Tongue. La mélodie est hésitante et se déploie avec complexité sans pour autant sombrer dans un spleen trop facile. On déambule dans une forêt brumeuse, à a recherche d’une issue mais en appréciant cette atmosphère nébuleuse. Ce côté rêveur rappelle un autre producteur australien et ami de Chan, Oliver Tank. Sur Milk, monologue plus que chant, Chan s’essaye à un style différent. Les percussions prennent une ampleur nouvelle – même si les cris à la fin du morceau détruisent la cohérence générale du titre de manière un peu surprenante. Le 18 février une version remix de l’EP sortira, incluant notamment une nouvelle version de Milk par le producteur australien Cassius Select.

C’est un featuring sur la chanson Schoenbery du groupe australien The Townhouses qui m’a fait découvrir Rainbow Chan. Sa voix y apparait avec grâce sur un fond électro assez minimal. C’est pour moi au final sa meilleure apparition vocale car c’est ce genre d’atmosphère complexe et confuse qui convient le mieux à son timbre.

 Les fans de Twin Sister et CocoRosie apprécieront l’alternative plus gaie et légère que propose Rainbow Chan. Elle s’avère moins expérimentale que les deux groupes mais sa voix particulière et ses influences chinoises et folk “made in Hong Kong” donnent une électro parsemée d’influences orientales, unique en son genre.

L’auteure : Cherie est originaire de Hong Kong. Elle n’y connait rien en genres, instruments ou histoire de la musique… parce que c’est pas au programme à l’école hongkongaise. Du coup, elle aime “sa musique”. Enfin, en général, les gens lui disent que “sa musique”, c’est ce qu’on appelle plus ou moins “électro”, “alternative”, “instrumental”, “minimaliste” (et peut-être même un peu soul ! ).