Dragsterwave – Gearporn, le retour

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Gearporn, le retour.

Après deux épisodes déjà bien datés, on s’est dit qu’il était temps de réveiller l’amour du matériel de guitare bien choisi. Pour l’occasion, on a choisi Dragsterwave, quatuor rock du Havre. Pour donner un aperçu plus détaillé, et si on devait oser une comparaison avec des contemporains, on les rapprocherait de Fat Supper, groupe rennais habile pour mélanger les composantes et succursales du rock en un tout surprenant et abrasif.

Pour Dragsterwave, c’est l’association peu commune d’une culture métal, d’ambitions stoner et de traces de punk et de post-rock qui nous a donné envie de comprendre un peu mieux le son et les ambitions du groupe. Détours par un genre de rock vénère dont on parle assez peu, et rencontre avec Sébastien, guitariste du groupe, qui nous dévoile son pedalboard.

JNSPUF! : Hello Sébastien, pour commencer, est-ce que tu peux présenter rapidement les autres membres du groupe et pourquoi ils sont importants pour le groupe ?

Sébastien : Tout d’abord il y a Pierre, le chanteur avec qui je joue depuis plus de 10 ans. Son timbre particulier et sa voix grave et puissante apportent beaucoup de personnalité à notre musique. Ensuite, Emilien à la batterie qui a un jeu assez percussif, puissant et un sens aigu du groove qui fait vivre le tout. Enfin Dorian, à la basse, ne se contente pas simplement de suivre la tonale de chaque morceau, il apporte beaucoup de mélodie, il intervient quasiment comme un 2e guitariste.

JNSPUF! : Dragsterwave existe depuis combien de temps ?

Sébastien : Dragsterwave s’est créé au printemps 2011 sur les restes de 10’Kei dans lequel je jouais avec Pierre et Emilien. On a recruté Dorian qu’on connaissait depuis quelque temps puisqu’il répétait dans le même local que nous.

JNSPUF! : Comment définirais-tu « ton » style de guitare ? Quel genre de riffs/parties de guitare te plait le plus ? 

Sébastien : Je suis surtout et quasi-exclusivement un guitariste rythmique et, du fait que je suis complètement autodidacte, mon jeu est un peu déstructuré et se barre parfois dans tous les sens. Du coup, quand je compose, je tâtonne beaucoup et essaie plein de trucs sans raisonner selon un schéma pré-établi puisque je n’ai pas du tout de bagage théorique et quasiment aucune notion de solfège. J’adore les riffs un peu alambiqués rythmiquement et bancals qui sortent du 4/4 basique. Ceci provient certainement d’une écoute intensive et excessive de Tool (ndlr: groupe de métal alternatif), mais bon il ne faut pas non plus aller trop loin dans la complexité, il faut toujours que ça serve le morceau. C’est ce que j’ai essayé de faire sur notre morceau The Avenger dont le plan principal alterne entre 7 et 8 temps et donne cette impression de décalage perpétuel.

JNSPUF! : Un groupe dont vous adorez le son/les morceaux ?

Sébastien : On est tous des gros fans de Queens of the Stone Age et je crois qu’on peut les citer comme notre influence principale à tous les 4. Josh Homme est pour nous un génie et tout ce qu’il fait est incroyable que ce soit avec les QOTSA ou lorsqu’il joue avec Dave Grohl (Them Crooked Vultures, Sound City Sessions etc…). L’album Songs for the Deaf reste pour nous un ovni qu’on écoute en boucle depuis plus de 10 ans. Après on écoute aussi beaucoup Triggerfinger et on adore ce côté blues rock dégueu et puissant qu’ils balancent à 3. On fait d’ailleurs une reprise d’un de leurs morceaux (I’m coming for you).

JNSPUF! : On décrit parfois justement Dragsterwave comme un groupe de « stoner », est-ce que c’est quelque chose que vous revendiquez ?

Sébastien : Oui et non. Bien sûr on écoute pas mal de stoner rock et forcément on reprend certains éléments qui ont fait ce style notamment au niveau du son et des gros plans bien gras inspirés du rock seventies. Mais pour autant on essaie de ne pas s’y enfermer et d’incorporer d’autres influences pop, post-rock ou autre afin d’enrichir nos morceaux. C’est pour ça qu’on apprécie autant les QOTSA, car si Josh Homme peut être considéré comme un des pères du stoner avec Kyuss puis dans les premiers QOTSA, leur musique est en perpétuelle évolution au fil des albums et s’enrichit à chaque fois pour finalement s’éloigner de plus en plus des schémas stoner. Donc on préfère dire simplement qu’on fait du rock car sinon les vrais fans de stoner vont crier au scandale et nous taxer d’imposteurs !

JNSPUF! : Quelle attitude vis-à-vis du matériel ? Sans cesse à la recherche d’une pédale ? Ou tu t’imposes des limites pour ne pas noyer le son et obtenir quelque chose de plus direct ?

Sébastien : Ca fait bien un an que je n’ai pas acheté une pédale ! A vrai dire, plus que d’en ajouter toujours plus et me retrouver avec un pedalboard de 3m de large, j’ai beaucoup testé différentes pédales et changé très régulièrement. Surtout les overdrive et les fuzz dont j’ai dû avoir environ une trentaine de modèles différent en 4/5ans pour trouver ce qui me correspondait le mieux et se mariait le mieux ensemble.

JNSPUF! : Quelles pédales utilise tu actuellement sur scène ? Dans quel but ?

Sébastien : En fait, j’aime cumuler les étages de gains à travers différentes pédales (Overdrive, Fuzz, Boost) et ainsi pouvoir grossir le son progressivement dans un morceau. Actuellement j’utilise 2 Overdrive en cascade (Fulltone FD2 + Mad Professor Royal Blue), un fuzz inspiré de la classique Big Muff (Mojo Hands Colossus) et un Xotic EP Booster en fin de chaine. Je suis hyper satisfait des différentes combinaisons que j’ai à ma dispo qui sont toutes exploitables et me permettent de varier les sons selon les morceaux. Pour ce qui est des autres effets, j’ai également un octaver EHQ Micro POG (pour recréer un son plus grave ou plus aigu, ndlr), une wah-wah fixe MXR Q-zone, un delay MXR Carbon copy et une reverb digitech. Et c’est largement suffisant !

(ndlr : si tu es paumé dans tous ses termes techniques, les deux premiers épisodes de nos interviews gearporn t’aideront à y voir plus clair)

JNSPUF! : Et quels amplis ?

Sébastien : J’utilise 2 têtes simultanément, une JMH Deluxe lite, et une FX Amplification Little rock. Ce sont 2 fabricants français (cocorico ! ça ferait plaisir à Montebourg…) qui fabriquent leurs amplis artisanalement. Niveau qualité, ça dépasse largement toutes les productions de série que l’on peut trouver. La combinaison des 2 me permet d’avoir un large spectre sonore et d’épaissir le son ce qui est très intéressant dans notre groupe où je suis seul guitariste. La tête JMH m’apporte un côté clean et cristallin avec de belles basses tandis que la tête FX est plus orienté bas médium et crunch.

JNSPUF! : Des envies particulières pour la suite après votre EP paru l’an dernier ?

Sébastien : On cherche à jouer beaucoup et surtout à bouger un peu en dehors du Havre. On arrive à caler quelques dates (Honfleur, Evreux, Fécamp…) et on a quelques projets de mini-tournée chez les Bretons. Ensuite, on envisage d’enregistrer des nouveaux morceaux dès qu’on le pourra (en termes de temps et d’argent), on aimerait faire ça courant 2015 mais on a pas encore décidé du format qu’on adoptera (EP, Maxi, Album…). Une chose est sûre, cette fois on ira en studio et on ne fera pas les choses nous-mêmes comme sur Payback.