Rencontre avec le Twist Komintern

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Déjà sept ans que le tout Rennes et les visiteurs passagers dansent sur les plates bandes du Twist Komintern. « Surtout un projet de copains » à la base, le noyau dur est mordu de musique 60’s, de ce fameux twist indémodable mais aussi du vinyle. « On invite pas mal de DJs à mixer à nos Apparat Chic Party, sur vinyle ». Toujours avec le sourire et avec une pelletée de noms rigolos, Docteur Hit, Ivy Loafer, Anatole Transe ou Victor Vertigo passent tous musiques soul, garage, psyché et pop pour faire danser tous les derniers vendredis du mois un public devenu habitué… Une régularité exemplaire qui a contribué à faire connaître le Twist Komintern.

Mais au delà de ces soirées connues et reconnues pour les habitué-e-s du Sambre puis du Grand Sommeil, les zinzins du Twist ont organisé des concerts devenus mythiques, « c’est certain que faire venir Ty Segall et Thee Oh Sees à Rennes à une époque où leur nom n’était pas celui qu’il est aujourd’hui, on en est très fiers ». Dans des conditions pourries ? Non, pas vraiment. Le Twist Komintern a même acquis une petite réputation de bon accueil des groupes. « On essaye de faire ça bien, prévoir ce qu’il faut pour que les groupes ne se sentent pas baladés de droite à gauche, qu’ils puissent se prendre un petit déjeuner le lendemain, c’est important », nous explique Pierre. Il parait même que Ty Segall a tellement bien accroché qu’ils les auraient invité à San Francisco…

Un temps friperie 60s, ou même stand en braderie, le Twist Komintern est aujourd’hui plus recentré sur l’organisation de concert. Comme le dit Pierre, « c’est avant tout ce que les gens motivés veulent en faire, l’équipe de départ était plus branchée 60s au sens large, aujourd’hui c’est avant tout pour l’organisation de concerts que les gens de l’association se motivent. Mais comme on est une association qui compte pas mal d’étudiants, ça se renouvelle assez rapidement, c’est normal. »

Ils gardent d’évidence une bonne longueur d’avance et un réseau de contacts qui s’étend de concert en concert, même si la bande doit parfois rester dans la confidentialité : « on envisage de plus gros groupes, comme les Allah-Las mais c’est un peu tard, on a laissé passer l’occasion. » Ni trop tôt pour éviter de se planter et de faire salle vide, ni trop tard pour ne pas trouer le budget modeste de l’association, le Twist a une fenêtre d’opportunité assez restreinte pour faire jouer les groupes dont ils ont envie. « Des personnes comme Jacco Gardner, on a réussi à les faire jouer au bon moment, six mois plus tard il jouait à la Route du Rock et tout le monde l’adorait… »Mais comme partout, les phénomènes inexpliqués ont cours. Comme pour les Vickers, un groupe de rock italien confidentiel qui a réussi à faire salle comble un mercredi soir. Comme quoi.

Quand on leur demande s’il manquerait quelque chose à Rennes sans le Twist, les gars la jouent modeste. « Il y a clairement un public ultra-fidèle au genre de musique qu’on programme, et même si le Twist n’était pas là, il y aurait forcément autre chose à notre place. » Et sans vouloir soulever l’éternel marronnier des plaintes de voisinage et de la difficulté croissante d’organiser des concerts dans les lieux du centre-ville, on leur pose malgré tout la question : y a-t-il assez de bars ou lieux d’accueils à Rennes ?

« Ca devient compliqué », avoue Pierre. « Passé le Bar’Hic, le Melody Maker et le Mondo Bizarro, il n’y a plus grand chose. » Quentin souligne une vraie différence entre l’ambiance avant et après fermeture du 1929 [bar mythique de l’impasse St-Michel dont on garde forcément un souvenir ému]. Les conséquences, on les imagine assez aisément : lieux restants surbookés, pression sur les autres cafés-concerts par crainte de fermeture. A terme plus de lieux culturels et cafés-concerts ?

Quand on se fait avocat du diable et qu’on rappelle quand même que la ville de Rennes se targue d’avoir une politique culturelle très dynamique et tente de redynamiser les cafés-concerts, les gars restent sceptiques et parlent d’une certaine hypocrisie : « la ville ne nous a jamais aidé, mais quelque part, peut-être qu’on est bien comme on est. On galère un peu mais on s’en sort toujours, sans doute que ça nous convient très bien en fait ». Le Twist Komintern ne se laisse pas démotiver, ça c’est certain. La force tranquille.

A venir :

The Paperhead + Chrysler Rose : 5 février (Bar’Hic/5€)
Froth + Madcaps : 18 février (Mondo Bizarro)
Yuko Yuko + Super Crayon : 11 février (Bar’Hic/5€)