Thylacine Live

thylacine_par_fred_lombard_-_03

On avait déjà pu le constater il y a quelques mois, Thylacine en live c’est quelque chose. En clôture du vendredi aux Transmusicales 2014, le jeune Angevin nous avait déjà offert un live puissant du haut de ses 22 piges. On a maintenant eu la chance de s’en apercevoir en grand format. Et pour se faire, quelle salle lui convient mieux que la Gaité Lyrique à Paris ? Le concert de Glass Animals il y a quelques mois a déjà ancré ce lieu dans notre mémoire (et ce malgré une balance faite à l’arrache par un ingé son encore sourd de son concert des Bloody [Beetroots] au Stade de France la veille). Mais bon, ce soir c’est de l’électro, ALORS VAS-Y GROS, BALANCE LES BASSES !

On entre donc dans un hall toujours aussi classe, un cadre sublime pour un concert mémorable. On va arrêter là les superlatifs, simplement histoire que vous réalisiez à quel point on aime le lieu (et la climatisation à l’intérieur aussi). Le temps de se rafraîchir un peu et on s’engouffre dans la salle, la scène est occupée par deux violonistes. Arrivés un peu tard, on a clairement pas le temps de se faire une idée sur la question. On réalise surtout que les murs sont couverts d’écrans de projection. On commence à rêver à un live visuellement impressionnant ! C’est rapidement l’heure pour William Rezé de s’atteler à ses launchpads, on aura l’occasion d’entendre à nouveau les cordes par la suite.

Visuellement, on est clairement pas déçu. On a très vite l’impression d’être dans un cube géant dans lequel les premières notes d’Antidote résonnent de plus en plus fort, de quoi nous faire largement perdre la notion de l’espace. Cette douce electro progressive réchauffe lentement l’atmosphère et se marie particulièrement bien avec les projections offertes par la collaboratrice de l’artiste (Laetitia Bely). On ne répétera sûrement pas assez à quel point on aime le visuel de Thylacine. Les premières pulsations du live nous plongent dans son univers. Ok, c’est vrai que cette fois les bonnes basses d’une salle de qualité, ça a quand même de la gueule. Pourtant le live a du mal à prendre. D’abord, le choix des projections est dangereux. La salle est presque complètement illuminée par une lumière blanche, or un Parisien, ça aime se montrer, ça aime danser, mais ça préfère le faire dans le noir. Et puis c’est vrai que les écrans de tous les téléphones en train de filmer, ça arrange pas les choses non plus.

thylacine_par_fred_lombard_-_03

Comme à son habitude, Thylacine nous régale en prenant son saxo lors de son interprétation de son titre « Home ». On réalise qu’il est pas mauvais techniquement le garçon, être capable de gérer un saxo et ses launchpads en même temps, c’est pas simple. Et ça fait sincèrement plaisir de voir des producteurs avec un background musical solide. On a quand même envie de gueuler, MEC LÂCHE TON IPHONE ET PROFITE. On entend ensuite les premières harmonies de « Berlingot » parcourir la salle, le temps pour Wiliam Rézé de prendre une petite MPC autour du cou et d’improviser la rythmique de sa composition en live. On aime, on apprécie, on tient à le dire. Mais c’est aussi la nouveauté qui nous fait vibrer. Après avoir dégusté un premier extrait, 5th floor, (qui nous fait légèrement penser à du Deadmau5, en beaucoup mieux quand même) du dernier EP très réussi « Exil », Thylacine nous propose une tentative inédite. Il appelle une violoniste, selon ses dires rencontrée à New York, pour jouer une version alternative du troisième morceau de cet EP, « Closing ».

Et bien, on peut te rassurer William, pour une tentative tu nous as pas laissé sur le carreau, c’était quelque chose. On admire la performance technique de la violoniste qui suit parfaitement les tonalités du morceau lors d’une improvisation mémorable. On oublie également nos craintes d’une version un peu larmoyante et moins stimulante, au contraire. La violoniste, particulièrement dynamique et jouant d’une précision incroyable, galvanise l’assistance et confirme un réveil progressif du public pourtant difficile sur les premiers morceaux. On notera la volonté d’un live électronique accompagné d’instruments acoustiques chez les jeunes producteurs (Pour ne citer personne : l’importance du piano dans le live d’« Opening » de Superpoze, ou la série de live de Fakear entouré d’un groupe).

C’est aussi l’occasion pour Thylacine de tester, sur un public maintenant conquis, ses premiers projets composés lors de son voyage en Russie par le Transsibérien. On reste pour l’instant un peu partagé sur ce morceau, qui témoigne d’idées intéressantes mais nécessitant sûrement un certain aboutissement. Comme toujours, pour conclure, William Rézé nous offre une longue version de « Sand ». On l’attendait, pour vous l’avouer, on l’attendait. On est clairement pas déçu, le live est assez sublime. Thylacine nous a même concocté de nombreuses « fausses fins » du morceau. C’est très efficace les deux premières fois, un peu moins la troisième. Mais on kiffe tellement qu’on s’en fout un peu, tant que le morceau ne se termine pas. Et voir tout un public parisien écouter, danser, sauter à ce point, ça n’a pas de prix !

Vous l’aurez compris, si vous avez l’occasion de voir ce petit gars, foncez. On s’en souviendra de celui-là !

 

Crédits photo : Fred Lombard [indiemusic.fr]