FIDLAR ne se foule pas

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Très teen, très débile, très DIY, la musique de Fidlar éveille l’ado qui dort en moi. Leur premier album éponyme était très efficace et je me suis étonnée à l’écouter en boucle. Les quelques extraits annonçant leur nouvel album « TOO » promettaient une nouvelle fournée dans l’exacte lignée de titres comme Awkward ou No Wave et je ne vous cache pas que je l’attendais pas mal.

Et j’ai été déçue ! Les quatre californiens ont exactement le profil du groupe qui se vautre au deuxième album : leur originalité tenait à une fraîcheur difficile à conserver sur la longueur, et on les imagine mal évoluer vers une quelconque subtilité. Comme ils ne pouvaient pas vraiment grandir, ils se sont un peu avachis à la place : le son est plus lourd, un peu moins énervé. Il y a des choses à sauver : West Coast et Leave Me Alone sont des chouettes chansons à écouter très fort, Overdose tient bien la route aussi. Mais dans l’ensemble ça ne vole pas très haut, espérons un troisième album très vite qui serait un peu moins crispé.

Un mien ami s’est un jour foutu de ma gueule quand j’ai eu le malheur de passer Fidlar en public : « Est-ce que tu peux baisser Green Day !? » .  Ce nouvel album enfonce le clou : nous somme face à un groupe qui s’écoute seul dans sa chambre. Je ne pense pas que TOO soit un très bon disque, mais quand on a envie de chouiner et que la vie c’est de la merde,  Fidlar reste un dernier rempart face à la barbarie — la barbarie dans ce cas précis est une playlist avec du punk-pop datant du début des années 2000. Constitué de fiers enfants de la  génération MTV, Fidlar restera toujours un groupe d’ados. Si c’est l’intention du groupe, elle est fort bien résumée dans le clip de 40 oz. Et franchement pourquoi pas.