C Duncan – Musique de chambre

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On avait remarqué C(hristopher) Duncan il y a quelques mois alors qu’il dévoilait peu à peu des morceaux tous plus réjouissants les uns que les autres, à la croisée de Fleet Foxes, Owen Palett et Sufjan Stevens. Quelques images, dont une BBC Live Session avaient fini de nous convaincre de rester attentif au bonhomme. Il nous explique son premier album Architect, bijou de pop pastoralo-liturgique.

Architect est en quelque sorte un joli recueil de musique de chambre, classieux et solitaire. C Duncan est casanier dans la création. Il a écrit, enregistré et produit Architect tout seul, dans sa chambre, là, où il explique ne subir « aucune pression extérieure et où sa musique peut croitre sans compromis ». Né il y a 26 ans dans une famille écossaise très portée sur la musique, le jeune homme est discret: « Pour le moment je préfère travailler seul, chez moi« . 

Cette discrétion se double d’un diplôme en composition classique qui ressort dans chacun de ses morceaux et explique pour grande partie la finesse mélodique de ses compositions. Il explique : « J’ai une approche très classique de la composition pop. Chaque titre est structuré et agrémenté de contre-mélodie, de chœurs ». Classique donc, mais surtout pop, si par pop on entend mélodies entraînantes et mariage entre évidence de façade et génie dans la simplicité. D’ailleurs au rayon des influences, C Duncan cite autant Maurice Ravel que Beach House, Cocteau Twins et Animal Collective.

Il poursuit : « Je recherche des harmonies riches et denses. La musique chorale et l’impressionnisme m’ont beaucoup marqué – la sérénité qui se dégage de plusieurs voix chantant harmonieusement« . Ce qui marque effectivement à l’écoute de Architect, c’est la douceur des voix, les guitares classiques, les percussions feutrées. Les mélodies sont simples mais riches, portées par des lignes vocales fortes. L’album alterne sur une cinquantaine de minutes troublantes de grâce, temps faibles et temps plus pressés, virevoltants (Say, For, Here to There, As Sleeping Stones). Rien n’est à jeter tant tout sonne juste et n’est qu’ordre et beauté, luxe, etc.

À peine son album sorti qu’il se tourne vers le futur avec des idées bien arrêtées. A défaut d’orchestres symphoniques et de chorales, il confie vouloir inviter prochainement un quartet de cordes dans son appartement. Il conclue : « Je veux continuer sur le même chemin, enrichir mes compositions tout en clarifiant ma production pour que chaque petit détail puisse être entendu. J’essaye de trouver la limite entre abondance et surenchère ». Sur Architect en tous cas, l’équilibre est parfait. À aucun moment l’album ne sombre dans l’écueil du pompier ou du pompeux. Avec de telles ambitions, c’est assez remarquable.

En bonus, il s’est finalement confié sur ses dernières coups de cœur. On vous en fait part, c’est plutôt très bien.